Faits divers – Justice

Vincennes : un homme condamné en juin 2017 pour une fausse agression islamiste à nouveau retrouvé poignardé

Par Martine Bréson, France Bleu Paris lundi 13 novembre 2017 à 17:59

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Police © Maxppp -

Il est 7h15, ce lundi matin, quand un homme se réfugie dans un restaurant de Vincennes, un couteau planté dans le coeur. Il affirme qu'il vient d'être attaqué. L'homme s'appelle Richard Sautour. Il a été condamné en juin dernier, pour une attaque islamiste inventée.

Qu'est-il arrivé, lundi à Vincennes, à cet homme de 60 ans, déjà condamné en juin 2017 à six mois de prison ferme pour "dénonciation de crime ou délit imaginaire" ? En juillet 2016, il avait inventé une agression islamiste au couteau.Il avait été condamné pour ce mensonge.

Une histoire qui se répète ?

Lundi, l'homme a été hospitalisé dans le Val-de-Marne après avoir été, selon ses dires, de nouveau poignardé. En début de matinée, il était entré dans un restaurant de Vincennes, blessé à l'abdomen et à la poitrine, indique une source policière.

Le sexagénaire a précisé que l'homme qui lui avait donné les coups de couteau avait pris la fuite après lui avoir mis un papier dans la bouche. La source policière indique qu'il n'y a pas de témoin de l'agression. Le parquet du Val-de-Marne a ouvert une enquête pour tentative d'homicide volontaire. L'enquête est confiée à la sous-direction de la police judiciaire du Val-de-Marne.

Le sexagénaire déjà condamné pour une fausse agression

A l'époque, en juillet 2016, il était gérant bénévole des Restos du cœur à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Il avait été retrouvé dans les locaux de l'association, un couteau planté dans l'abdomen. Il avait alors affirmé avoir été agressé par un homme de type africain et une femme voilée armés d'une hache et d'un couteau. Il avait précisé que la femme lui avait planté le couteau dans le ventre avant de s'enfuir en criant Allah Akbar. Il avait aussi dit qu'il avait reçu une lettre de menace.

Après des investigations, les enquêteurs avaient conclu qu'il était l'auteur de cette lettre, que le seul ADN présent sur la hache était celui de sa femme et qu'aucun indices ni témoignage ne permettaient d'identifier d'éventuels agresseurs.

L'homme n'a jamais reconnu le mensonge

A l'issue de son procès, il avait même fait appel. Il avait maintenu sa version des faits, a assuré son avocat Jean-Louis Granata. L'avocat indique qu'une rencontre était prévue cette semaine pour discuter de l'appel et que son client "rentrait de vacances et allait bien". L'homme est hospitalisé à Créteil. Quand il a été pris en charge, ses jours étaient en danger.