Faits divers – Justice

Vincent Lambert : le Conseil d'Etat se prononce pour l'arrêt des soins

Par Eric Turpin, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu Drôme-Ardèche mardi 24 juin 2014 à 16:10 Mis à jour le mardi 24 juin 2014 à 16:40

Le Conseil d'Etat à Paris
Le Conseil d'Etat à Paris © Renaud Biondi-Maugey - Radio France

Le Conseil d'Etat a rendu sa décision mardi après-midi. Il se prononce pour l'arrêt des soins sur Vincent Lambert, tétraplégique et hospitalisé dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008.

Le Conseil d'Etat a validé mardi après-midi l'arrêt des soins de Vincent Lambert. Il a suivi l'avis du rapporteur public, qui s'était prononcé contre le maintien en vie de cet homme de 38 ans. Vincent Lambert est tétraplégique et dans un état végétatif depuis un accident de voiture en 2008. Le rapporteur public avait parlé d'une "obstination déraisonnable" à le maintenir artificiellement en vie.  

"L'état médical le plus grave, y compris la perte irréversible de toute conscience ne peut jamais suffir à justifier un arrêt de traitement" , a expliqué Jean-Marc Sauvé, le vice président du Conseil d'Etat avant d'ajouter : "Une attention toute particulière doit être accordée à la volonté du patient"

"Il résulte de l'instruction qu'il avait, avant son accident, clairement et à plusieurs reprises exprimé le souhait de ne pas être artificiellement maintenu en vie" , a ajouté Jean Marc Sauvé, avant de souligner que l'équipe médicale avait agi en confirmité avec la Loi Léonetti sur la fin de vie.

Le refus de l'acharnement thérapeutique

Le vice-président du Conseil d'Etat a tenu à préciser que cette décision "n'était pas une validation d'un acte euthanasique, mais le refus de l'acharnement thérapeutique" . Elle s'applique au cas de Vincent Lambert et ne doit pas être généralisée à l'ensemble des personnes qui sont dans la même situation. 

Cette décision est en tout cas une victoire pour l'épouse de Vincent Lambert, Rachel, six frères et soeurs, et François, un neveu, qui réclamaient l'arrêt des soins. "Vincent a été entendu" , affirme Rachel Lambert sur France Bleu Champagne-Ardenne

Rachel, l'épouse de Vincent Lambert, avec Monique Derrien

C'est le soulagement aussi pour l'équipe médicale qui soigne Vincent Lambert. Le docteur Eric Kariger, chef du service des soins palliatifs du CHU de Reims, s'est dit soulagé. Il souhaite que cette décision s'applique rapidement.

A l'inverse, Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert parle d'un "jour funeste" et regrette que le Conseil d'Etat s'exprime "au nom de Vincent Lambert qui ne peut pas s'exprimer" .

Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert, au micro de Renaud Biondi-Maugey

Les parents de Vincent Lambert, catholiques traditionalistes, et favorables à la poursuite des soins pour maintenir en vie leur fils, n'ont pas attendu cette décision pour saisir la Cour européenne des droits de l'Homme.

La Cour européenne des droits de l'Homme saisie

La Cour européenne des droits de l’homme était réunie mardi soir. Elle devait se prononcer au plus tard ce mercredi. Elle a le pouvoir de geler la décision du Conseil d'Etat et donc d'empêcher l'arrêt des soins. Une mesure provisoire avant de se prononcer sur le fond, ce qui peut prendre plusieurs mois, voire même plusieurs années. " Si c’était le cas, ce serait terrible" , a déclaré le docteur Kariger, le chef du service des soins palliatifs du CHU de Reims. 

> le communiqué du Conseil d'Etat sur Vincent Lambert

De nombreux journalistes ont attendu la décision du Conseil d'Etat - Radio France
De nombreux journalistes ont attendu la décision du Conseil d'Etat © Radio France