Faits divers – Justice

Vingt-neuf ans après Tchernobyl, quel impact en Franche-Comté ?

Par Simon Chrétien, France Bleu Besançon lundi 27 avril 2015 à 11:22

Le réacteur 4 de Tchernobyl
Le réacteur 4 de Tchernobyl © Radio France - Anne-Laure Barral

Il y a vingt-neuf ans, la centrale de Tchernobyl était victime d'un grave accident. L'explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire ukrainienne a libéré d’importantes quantités de substances radioactives dans l'air. En France, la Franche-Comté fait partie des régions les plus touchées.

Il y a 29 ans, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosait . Depuis l'Ukraine, le nuage rempli de substances radioactives balaye alors les régions de l'Est de la France : Alsace, Corse, Rhône-Alpes et bien sûr la Franche-Comté. Le département du Jura est le plus touché .

Dans la région du Lac de Clairvaux, seuls huit prélévements ont été effectués entre 1988 et 2000. Ce manque de suivi ne permet de cartographie les zones contaminées . Un travail est mené en Alsace et en Corse par la Crirad, la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité, mais rien n'est fait dans le Jura. Depuis le 26 avril 1986, il n'y a aucun suivi de la contamination des sols.

"Des records de contamination dans le Jura"

Et pourtant, en 1988, deux ans après la catastrophe, Michel Moreau effectue des prélèvements à Clairvaux et Champagnole . Il envoie de la terre, de l'herbe, des champignons à la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité et le résultat est stupéfiant : «A Clairvaux, on a décelé le record de France de contamination par le césium. Un nouveau prélèvement en 2009 nous a révélé que l’activité du césium n’avait décru que de 25% au lieu de 50%» , raconte Michel Moreau.

"Il n'y a aucune volonté politique"

En 2011, cet ancien conseiller régional demande alors qu'une étude épidémiologique soit menée en Franche-Comté comme c'est le cas en Corse et en Alsace. Mais dans notre région aucun suivi n'a jamais été fait. Le constat est simple pour Roland Desbordes, le président de la CRIRAD : «Il manque aujourd’hui une volonté politique pour avoir accès à des données confidentielles et des moyens financiers. Ce qui est scandaleux c’est qu’il y a une volonté de ne pas savoir» .

Du côté de la justice française, un non-lieu général a été prononcé en 2011 après 10 ans d’enquête sur l'impact du nuage de Tchernobyl.