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Faits divers – Justice

Viol présumé au 36 quai des Orfèvres : deux policiers renvoyés devant les assises

jeudi 28 septembre 2017 à 20:19 Par Julien Baldacchino, France Bleu

Contrairement à la décision des juges d'instruction en 2016, la cour d'appel de Paris a décidé ce jeudi de renvoyer devant les assises deux policiers, impliqués dans le viol présumé d'une touriste canadienne dans les locaux de la police judiciaire de Paris en 2014.

Le fameux 36 quai des Orfèvres, à Paris
Le fameux 36 quai des Orfèvres, à Paris © AFP - Martin Bureau

C'est un rebondissement inattendu dans l'affaire du viol présumé d'une touriste canadienne, en 2014 au célèbre 36 quai des Orfèvres : la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a demandé le renvoi devant les assises de deux fonctionnaires de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), où ils seront jugés pour "viol en réunion".

"Cette décision redonne sa dignité à ma cliente"

En juillet 2016, les juges d'instruction avaient prononcé un non-lieu, mais le parquet de Paris et la victime avaient fait appel. Cette fois, les avocats des deux policiers n'ont pas fait savoir s'ils comptaient se pourvoir en cassation. "Cette décision redonne sa dignité à ma cliente, traînée dans la boue durant l'instruction", s'est félicitée Me Obadia, l'avocate de la jeune femme.

Les faits remontent au 22 avril 2014, quand des policiers avaient fait connaissance avec une jeune touriste canadienne non loin des locaux de la police judiciaire parisienne, avant de l'inviter à visiter les lieux. Elle en était ressortie en larmes et avait porté plainte pour viol. Les examens médicaux avaient fait ressortir plusieurs ecchymoses et des lésions au niveau des parties génitales.

SMS et vidéos effacés

Les deux policiers, qui n'étaient pas en service ce soir-là, avaient nié le viol, le premier reconnaissant une relation sexuelle mais "consentie", l'autre affirmant que rien ne s'était passé, avant d'évoquer des "attouchements réciproques".

Lors des auditions à la cour d'appel en juin 2017, le parquet général avait requis un renvoi devant les assises, estimant que le comportement "jovial et libéré" de la jeune femme ne suffisait pas à dire qu'elle avait consenti à des relations sexuelles. De plus, "de nombreux actes ont été accomplis par les deux policiers pour nettoyer les lieux et supprimer les preuves" ce soir-là, selon l'avocate de la victime, et des SMS et des vidéos ont été effacés.