Faits divers – Justice

Viol d'une petite fille à Genlis : les analyses relancent l'enquête

Par Lisa Melia et Marion Bargiacchi, France Bleu Bourgogne et France Bleu vendredi 9 juin 2017 à 19:24

L'instituteur est toujours mis en examen.
L'instituteur est toujours mis en examen. © Maxppp - DR

Un instituteur de Genlis est mis en examen, suspecté de viol sur une de ses élèves, une fillette de 4 ans. La procureur de Dijon vient de confirmer que des traces de sperme retrouvés sur la culotte de la petite fille ne correspondent pas à l'instituteur, mais à un membre de la famille de l'enfant.

En novembre 2016, Eric, instituteur de 42 ans à Genlis, est désignée par la petite fille comme son agresseur. Un examen médical confirme que l'enfant a été violée. L'instituteur nie les faits. Immédiatement, l'Education nationale le suspend et bloque son salaire. Pendant quatre mois, Eric reste en détention. Son épouse, qui ne peut plus payer le loyer, doit déménager avec leurs enfants chez un membre de la famille.

Les analyses changent la donne

Le 24 mars, Eric est libéré sous contrôle judiciaire : il lui est interdit de s'éloigner de chez lui, dans un périmètre de 450 km. Il réside chez son frère, à Aix-en-Provence et pointe quotidiennement au commissariat. Pendant tout ce temps, il clame son innocence.

Or, les analyses, dont les résultats viennent d'être connus, relancent l'enquête : le sperme retrouvé sur les sous-vêtements de la petite fille n'appartient pas à l'instituteur, mais à un parent de la petite fille, soit son père, soit un autre homme apparenté à son père.

De nouvelles investigations

L'affaire, pour autant, ne s'arrête pas là. Les enquêteurs ont retrouvé la culotte de l'enfant dans un panier à linge, mélangé aux vêtements des parents. Elle y est restée plusieurs jours avant d'être mise sous scellés. La juge d'instruction a donc demandé des analyses supplémentaires pour déterminer si le sperme a pu être déposé par transfert. Marie-Christine Tarrare, la procureur de la République de Dijon, indique également que d'autres investigations sont en cours.

Ce n'est qu'une fois le résultat de ces analyses connus, en septembre prochain, que le juge d'instruction décidera ou non de la suite de l'affaire, de lever la mise en examen de l'instituteur. S'il reste mis en cause, il comparaîtra en cour d'assise. Pour les victimes de moins de 15 ans, le viol est puni de 20 ans et les attouchements de 10 ans de prison, ainsi que 150 000 euros d'amende. La peine s'alourdit si le coupable est majeur avec autorité sur la victime, ce qui est le cas d'un instituteur.