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Faits divers – Justice

Violences à Chanteloup-les-Vignes : des peines de 18 mois avec sursis jusqu'à trois ans ferme requises

jeudi 23 novembre 2017 à 21:17 Par Bénédicte Robin, France Bleu Paris

Le parquet de Versailles a requis des peines allant de 18 mois de prison avec sursis jusqu'à trois ans ferme à l'encontre des 14 prévenus accusés de violences à l'encontre de policiers le 16 mars 2014 à Chanteloup-les Vignes, dans les Yvelines. La décision sera rendue le 11 janvier prochain.

11 des 14 prévenus ont assisté à leur procès qui s'est déroulé hier et ce jeudi au Palais de justice de Versailles
11 des 14 prévenus ont assisté à leur procès qui s'est déroulé hier et ce jeudi au Palais de justice de Versailles © Maxppp - OLIVIER BOITET

Versailles, France

Le tribunal correctionnel de Versailles rendra sa décision le 11 janvier prochain dans le procès des violences contre des policiers qui s'étaient déroulées le 16 mars 2014, à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines et qui avaient fait six blessés légers dans les rangs des forces de l'ordre.

14 prévenus, 14 hommes de 22 à 46 ans ont comparu pendant deux jours, mercredi et jeudi, accusés de rébellion, outrages, violences aggravées ou encore participation à un attroupement armé.

Le 16 mars 2014, dans cette cité dite sensible des Yvelines, l'intervention d'une brigade de la brigade anti-criminalité (BAC) avait dégénéré. Les incidents avaient commencé après la tentative d'interpellation par les forces de l'ordre d'un automobiliste qui avait refusé de s'arrêter. Leur intervention avait attiré une quinzaine de jeunes autour d'eux. Ils avaient finalement renoncé avant d'apercevoir un adolescent de 14 ans soupçonné d'avoir commis un vol la veille.

La tension monte vite après deux interventions des forces de l'ordre

Alors que les policiers vont pour interpeller le jeune homme, la tension monte. Ils essuient des insultes mais aussi des jets de projectiles : des pierres et des œufs. Ils répondent par des tirs de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement. Plusieurs hommes sont interpellés sur les lieux, les autres le seront plus tard soit parce qu'ils ont été reconnus par les policiers soit grâce à des vidéos postées sur internet.

Ces événements avait été suivis d'une soirée de violences dans le quartier lors desquelles un bâtiment administratif et le bureau de police du quartier avaient été pris pour cible. Manuel Valls, alors ministre de l'intérieur, s'était rendu sur place le lendemain.

Lors de l'audience, seuls deux hommes, sur les 11 présents, ont reconnu une partie des faits qui leurs sont reprochés : l'un avouant qu'il avait bien jeté un œuf depuis son appartement du quatrième étage et blessé un policier au dos. L'autre avouant qu'il était bien présent mais qu'il n'avait pas jeté de pierres. Les autres ont nié leur implication dans les violences et pour certains même nié leur présence sur les lieux au moment des faits.

Une scène confuse où les policiers ont pu "manquer de discernement"

Les avocats des prévenus ont tenté de remettre en cause les témoignages des policiers qui se sont constitués parties civiles soulignant la confusion générale qui régnait au moment des violences au milieu d'une soixantaine de personnes. Ces circonstances pourraient avoir rendues difficile l'identification précise de leurs clients et de leurs faits et gestes.

Par ailleurs, une enquête de l'IGPN (l'inspection générale de la police nationale) avait relevé un "manque de discernement" dans les moyens engagés par les forces de l'ordre, sans relever de "faute pénale".
Les avocats ont pointé eux une forme de provocation de la part des policiers en précisant toutefois que cela n'excusait pas les violences dont ils ont pu être victimes.

Décision le 11 janvier prochain

La Procureur de la République a, de son côté, dénoncé une "dynamique de non-droit" qui sévirait à Chanteloup-les-Vignes" où les protagonistes défendraient un territoire sur lequel les policiers n'auraient pas le droit de pénétrer. Rappelant le casier judiciaire souvent lourd des prévenus, elle a requis des peines allant de 18 mois de prison avec sursis jusqu'à trois ans de prison ferme.

L'avocate d'un des prévenus a insisté, en retour, sur la nécessité de condamnations individualisées et d'un message "d'apaisement" à envoyer à des jeunes gens qui, plus de trois ans après les faits, ont pour certains un emploi et une famille.

Le tribunal rendra sa décision le 11 janvier prochain.