Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Violences conjugales : 109 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2017

-
Par , France Bleu

Selon un rapport de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publié ce jeudi, 109 femmes ont été victimes de féminicides en 2017, un chiffre identique à celui de l'année précédente.

Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes en présence notamment de Murielle Robin, le 24 novembre 2018 à Paris
Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes en présence notamment de Murielle Robin, le 24 novembre 2018 à Paris © Maxppp - Christophe Morin

Le nombre de féminicides ne baisse plus. Selon un rapport dévoilé par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) ce jeudi, 109 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2017, autant qu'en 2016. 

L'étude de l'ONDRP, qui s'appuient sur les chiffres du ministère de l’Intérieur, notamment ceux de la délégation d’aide aux victimes (DAV) du ministère, et ceux du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), montre que les femmes sont les principales victimes des homicides au sein du couple (86% des victimes).

Des violences préalables dans une affaire sur deux 

Dans la moitié des affaires, les victimes avaient déjà subi des violences de la part de leur conjoint. "En 2017, 42% des victimes d’homicides avaient subi au moins une forme de violence (physiques, sexuelles et/ou psychologiques) de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Ces dernières sont quasi-exclusivement des femmes (98%)". L'étude qui recense l'ensemble des morts violentes au sein du couple, y compris celles des hommes, montre en outre que "dans plus des deux tiers des homicides commis par des femmes, ces dernières étaient victimes de violences de la part de leur partenaire ou ex-partenaire masculin (69%)".

L'enquête précise également que dans plus de 8 affaires sur 10 (85%), les homicides ont lieu dans un domicile (du couple, de la victime ou bien de l’auteur). 

Dans un tiers des cas (32%), une dispute est à l'origine du crime. L'autre mobile principal est la séparation (26%). 

L'ONDRP relève, de surcroît, que les chiffres des violences faites aux femmes qui n’entraînent pas la mort sont stables, avec 98.500 faits recensés en 2017 (+1,5%). Il s'agit majoritairement de violences physiques (des viols dans 2% des cas) mais aussi des menaces de mort (11%) et du harcèlement.

Mieux prendre en charge les victimes

"C'est insupportable, il y a une urgence absolue" mais "rien n'est fait à la hauteur du sujet" a réagi Muriel Robin sur franceinfo. Présente, samedi, à Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) lors de la marche blanche organisée en hommage à Julie Douib, tuée par balles par son ex-compagnon, la comédienne et humoriste qui a incarné Jacqueline Sauvage à l'écran a réclamé des mesures d'urgences : "L'État doit mettre de l'argent sur la table, un milliard, créer des centres d'hébergement".

D'après l'ONDRP, les victimes seraient déjà mieux prises en charge. L'observatoire a recensé une baisse du nombre de mains courantes déposées pour "différends entre époux et concubins" (-20% entre 2013 et 2017). Un signe que les dépôts de plainte sont de plus en plus fréquents selon l'observatoire, et que "de nombreux parquets ont donné aux services d'enquête la consigne de diligenter systématiquement une enquête dès lors qu'ils ont connaissance de violence au sein du couple", y compris lorsque la victime ne souhaite pas porter plainte.

Des progrès insuffisants pour Muriel Robin : "Il y a des choses à faire en urgence : d'abord ne jamais refuser le dépôt de plainte pour les femmes. Elles devraient être bien reçues dans les commissariats, le ministre de l'Intérieur peut donner des ordres et les faire respecter dès demain et prévoir des sanctions disciplinaires. Il faut assouplir la délivrance des ordonnances de protection. Il y a en France moins de 2.000 ordonnances alors qu'en Espagne il y en a plus de 20.000. Pourquoi cette frilosité des juges ? La garde des Sceaux peut donner des directives dès demain", a-t-elle souligné sur franceinfo.

Choix de la station

France Bleu