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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Violences des gilets jaunes au Puy-en-Velay : deux condamnations à trois mois de prison ferme

lundi 3 décembre 2018 à 21:23 Par Sandrine Morin, France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu

Deux hommes de 19 et 25 ans ont été condamnés à trois mois de prison ferme pour violences dans le cadre des manifestations du 1er décembre. Deux hommes contre lesquels, finalement, assez peu de charges ont été retenues en comparaison des dégradations commises à la préfecture de Haute-Loire.

L'audience des trois "gilets jaunes" a été très suivie au Palais de Justice du Puy-en-Velay.
L'audience des trois "gilets jaunes" a été très suivie au Palais de Justice du Puy-en-Velay. © Radio France - SM

Le Puy-en-Velay, France

Au départ, douze personnes étaient attendues dans le box pour cette comparution immédiate. C’est le parquet lui-même qui avait donné l’information dimanche 2 décembre. Mais visiblement, les charges retenues contre les neuf personnes n’ont pas tenu. Seules trois personnes se sont retrouvées convoquées pour cette audience spéciale du tribunal correctionnel du Puy-en-Velay. Les autres ont été relâchés à la fin de leur garde-à-vue. 

"Volonté de tuer"  

L’État avait, en tout cas, clairement envie de faire une démonstration de force ce lundi. D’abord avec la présence du Préfet qui ne passe pas inaperçue au premier rang de la grande salle du Palais de Justice. Yves Rousset raconte longuement les violences de samedi. Et il insiste : "Il y avait une volonté de tuer, les jets d’acétone c’est fait pour tuer."

Même ton dramatique du procureur de la République qui ajoute : "On dit souvent que la justice est dans une tour d’ivoire. Mais j’ai tout vu, j’étais là samedi et je sais tout ce qui s’est passé." Et alors qu’il tente de comprendre l'enchaînement des faits, le président du tribunal va dire en regardant les photos des saccages : "On dirait un chien dans une meute de chiens qui se jette sur une proie." 

Personnalité des prévenus 

Les trois hommes dans le box ont 44, 25 et 19 ans et des personnalités, des parcours et des charges retenues très différents. Ils ne seront donc pas jugés en même temps. 

Le premier, le plus vieux, ne sera jugé que le 7 janvier. Ce travailleur social, avec un casier judiciaire, était poursuivi pour avoir lancé de l’acétone sur les forces de l’ordre et mis le feu au portail de la préfecture. Il a mis en avant ses troubles psychiques et a demandé a être jugé en début d’année prochaine. 

Le second est accusé d’avoir escaladé la grille de la préfecture et d’avoir lancé des projectiles sur les policiers et gendarmes. Tout au long de l’audience le parquet demande à cet apprenti pourquoi il a commis ces violences ? Pourquoi il est rentré un week-end voir ces parents (il travaille à 600 km du Puy-en-Velay, au Mans) pour ensuite se mêler à une telle manifestation ? Le jeune homme dit et redit qu’il ne comprend pas pourquoi il a fait ça : "J’ai déconné, il n’y avait pas de but, je n’étais pas moi-même." 

Il n’a jamais porté un gilet jaune 

Enfin avec le troisième prévenu, on est loin, très loin des considérations politiques. L’homme de 25 ans, ancien SDF, n’a pas agi pendant la manifestation, mais derrière la préfecture à 23h00. Il a lancé des pierres contre une association de réinsertion. L’action d’un homme ivre mort qui n’a jamais porté de gilet jaune.  

Le procureur Nicolas Rigot-Muller a obtenu le maintien en détention du premier prévenu avant son procès le 7 janvier. Les deux autres accusés écopent de trois mois de prison ferme. (Le premier, le jeune homme de 19 ans écope de 12 mois de prison dont 9 avec sursis. L’ancien SDF est, lui, condamné en raison de son alcoolisme à six mois de prison dont trois avec sursis assortis d’une obligation de soin.)