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Violences : des vigiles et des caméras de vidéosurveillance pour sécuriser les urgences de l'hôpital de Chalon-sur-Saône

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Par , France Bleu Bourgogne
71100 Chalon-sur-Saône, France

Les urgences de l'hôpital William-Morey de Chalon en "surchauffe" suite à des altercations verbales particulièrement traumatisantes ces derniers mois. La direction va investir 200 mille euros pour sécuriser ses salariés au bord de la rupture.

La direction de l'hôpital William-Morey veut mettre un terme aux violences qui perturbent le bon fonctionnement de son service d'urgence, 10 février 2017
La direction de l'hôpital William-Morey veut mettre un terme aux violences qui perturbent le bon fonctionnement de son service d'urgence, 10 février 2017 © Radio France - Thomas Nougaillon

Embauche de vigiles, installation de caméras de vidéosurveillance, anonymisation des blouses des personnels, installation d'une cinquantaine de boutons d'alerte... La dernière agression en date a accéléré la mise en place d'un plan de sécurisation que la direction de l'établissement peaufine depuis octobre 2016. Début février, un jeune homme de 32 ans, complétement ivre, a insulté les infirmières, les aides soignantes et les standardistes présentes aux Urgences. L'homme a également proféré des menaces de mort sur des policiers. Durant cette nuit là, du samedi 4 au dimanche 5 février, ce basketteur handisport, sortait d'un repas bien arrosé avec les autres membres de son club. Les policiers l'avaient arrêtés vers 2h30 du matin alors qu'au volant de sa voiture il venait de griller des feux rouges et faisaient des embardées sur la route.

Une voiture de police devant les Urgences du Centre Hospitalier William-Morey de Chalon-sur-Saone, le 10 février 2017
Une voiture de police devant les Urgences du Centre Hospitalier William-Morey de Chalon-sur-Saone, le 10 février 2017 © Radio France - Thomas Nougaillon

Conduit aux Urgences pour y être examiné avant sa garde à vue le trentenaire a évoqué des actes de terrorisme qu'il allait commettre lorsqu'il serait de nouveau libre. Il a également menacé de revenir plus tard à l'hôpital pour égorger des infirmières. Quatre d'entre elles, ainsi qu'une aide soignant ont décidé de déposer plainte contre lui. Auditionné en comparution immédiate, lundi 6 février devant le tribunal correctionnel de Chalon cet homme en fauteuil roulant, totalement inconnu de la justice, a écopé d'une peine de 2 ans de prison avec sursis et mise à l'épreuve. Outre des obligations de soin, son permis de conduire est suspendu pour un an. A la barre il s'est excusé, expliquant ne pas s'intéresser à la religion. Il faut dire que le soir de sa sortie aux urgences il avait 3 grammes d'alcool dans le sang.

Le témoignage de Fatima Seradj, cadre de santé aux urgences de Chalon-sur-Saône depuis 2009, ses collègues ont beaucoup souffert

Les Urgences de Chalon-sur-Saône mises à l'épreuve ces derniers mois se dotent d'un dispositif de sécurité renforcé
Les Urgences de Chalon-sur-Saône mises à l'épreuve ces derniers mois se dotent d'un dispositif de sécurité renforcé © Radio France - Thomas Nougaillon

Un incident tellement grave, tellement traumatisant pour le personnel pourtant chevronné de cet hôpital, qu'il a conduit la direction de l'établissement a précipiter l'embauche de deux vigiles. Ils travaillent désormais de 20h à 8h le matin en semaine et 24h sur 24 les week-ends. Un dispositif de sécurité qui va coûter 200 mille euros par an à l'hôpital. Depuis de longs mois le service des Urgences connaît par ailleurs des difficultés de recrutement de médecins et doit répondre à une surcharge de travail avec des temps d'attente qui peuvent aller de 4 à 8h.

Le docteur David Corege, chef des urgences à l'hôpital William-Morey et directeur du SAMU 71

"On est débordés avec des patients, des familles qui ne sont pas contents d'attendre donc y a toute une violence qui devient chronique dans les urgences, on a des conditions très difficiles en ce moment, le personnel est en souffrance (...) à un moment donné ce n'est plus possible"

-Le docteur David Corege, chef des urgences à l'hôpital William-Morey et directeur du SAMU 71

Des affichettes préviennent les usagers des difficultés rencontrées par le service des Urgences depuis quelques mois
Des affichettes préviennent les usagers des difficultés rencontrées par le service des Urgences depuis quelques mois © Radio France - Thomas Nougaillon

Outre ces deux vigiles, non armés, dont la présence est censée calmer les éventuels patients énervés, l'hôpital va mettre en place l'anonymisation des blouses des personnels rappelle Gilles Platret, maire "Les Républicains" de Chalon et président du conseil de surveillance du Centre Hospitalier.

Gilles Platret au sujet des mesures mises en place

"Cela veut dire que la personne ne pourra plus repérer le nom de l'agent hospitalier qui le prend en charge pour ensuite exercer des menaces, c'est quand même terrible d'en arriver là, mais nous souhaitons protéger nos agents lorsqu'ils accomplissent leurs missions de service public"

Gilles Platret, maire "Les Républicains" de Chalon-sur-Saône et président du conseil de surveillance du Centre Hospitalier
Gilles Platret, maire "Les Républicains" de Chalon-sur-Saône et président du conseil de surveillance du Centre Hospitalier © Radio France - Thomas Nougaillon
 Le docteur David Corege, chef des urgences à l'hôpital William-Morey et directeur du SAMU 71
Le docteur David Corege, chef des urgences à l'hôpital William-Morey et directeur du SAMU 71 © Radio France - Thomas Nougaillon

Les urgences du Centre Hospitalier de Chalon-sur-Saône, ce sont 45 mille passages par an. Cent cinquante personnes y travaillent: des médecins, des infirmières, des aides soignantes, des agents de service hospitalier (ASH), des brancardiers, des ambulanciers et des secrétaires.Le budget total de l'hôpital de Chalon-sur-Saône, tous services confondus, y compris les urgences atteint les 194 millions d'euros. Un établissement hospitalier doté de 840 lits. Le nouveau dispositif est censé ramener un peu de calme.

Reportage

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