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Faits divers – Justice

Alexandre Benalla et quatre autres suspects mis en examen

dimanche 22 juillet 2018 à 21:36 - Mis à jour le lundi 23 juillet 2018 à 6:39 Par Germain Arrigoni et Géraldine Houdayer, France Bleu Paris et France Bleu

Le collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, et l'employé de LREM Vincent Crase, filmés en train de frapper des manifestants le 1er mai, ont été mis en examen dimanche soir, notamment pour "violences en réunion", a indiqué le parquet de Paris. Trois policiers sont également été poursuivis.

Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron dans l'Orne, en avril denrier.
Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron dans l'Orne, en avril denrier. © Maxppp - Stéphane Geufroi/Ouest France

Ils sont mis en examen conformément aux réquisitions du parquet. Le collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, et l'employé de LREM Vincent Crase, filmés en train de frapper des manifestants le 1er mai, ont été mis en examen dimanche, notamment pour "violences en réunion", a indiqué le parquet de Paris.

Trois policiers, déjà suspendus pour avoir transmis des images de vidéo-surveillance à M. Benalla, ont également été inculpés, pour "détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "violation du secret professionnel". 

Une information judiciaire avait été ouverte dimanche matin et l'enquête confiée à un juge d'instruction.

Libres mais placés sous contrôle judiciaire

Tous les cinq ont été placés sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet, a précisé la même source. 

Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été filmés en train de frapper et malmener des manifestants le jour de la Fête du travail à Paris, alors qu'ils accompagnaient les forces de l'ordre en tant qu'"observateurs".

Alexandra Benalla, dont le licenciement a été annoncé vendredi, est également mis en examen pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel".

Vincent Crase est lui mis en examen pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique" et "port prohibé d'une arme de catégorie B". 

Le contrôle judiciaire qui leur a été imposé leur interdit d'exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir une arme et d'entrer en contact avec d'autres protagonistes de l'affaire. 

Déjà suspendus à titre conservatoire, les trois policiers, des haut gradés de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris, n'ont eux non plus pas le droit d'entrer en contact avec d'autres protagonistes de l'affaire. L'un d'entre eux, chef d'état-major adjoint de la DOPC, est aussi mis en examen pour "complicité de port illégal d'insigne". 

Les victimes, identifiées, seront entendues 

Depuis mercredi soir, et la révélation par le quotidien Le Monde de l'identité du conseiller de l'Elysée apparaissant sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, l'opposition accuse le pouvoir d'avoir tenté d'étouffer l'affaire. L'Elysée a reconnu avoir eu connaissance très rapidement des agissements d'Alexandre Benalla mais n'avait pas saisi la justice.

Les deux victimes, un homme et une femme filmés en train d'être frappés sur les vidéos le 1er mai, ont été identifiées et souhaitent être entendues ultérieurement par les enquêteurs, a indiqué une source proche de l'enquête. 

Benalla avait accès à l'hémicycle de l'Assemblée 

Parmi le lot de révélations de ces derniers jours, les députés ont appris, samedi, qu'Alexandre Benalla possédait également un badge lui donnant accès à l’hémicycle de l'Assemblée nationale, ce qui a scandalisé nombre de députés de l'opposition. Les Républicains ont demandé des explications sur ce  badge. Il lui avait été attribué sur "demande du directeur de cabinet" d'Emmanuel Macron, mais désactivé vendredi, selon la présidence de l'Assemblée.

Les travaux de l'Assemblée suspendus 

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sera auditionné lundi à l'Assemblée nationale. Les travaux des députés, censés examiner le projet de révision constitutionnelle, ont été suspendus ce dimanche. Au cœur de la tourmente, le chef de l'Etat est resté jusqu'ici silencieux.

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