Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Violences faites aux femmes: à Tours, un centre de thérapie a pour but de soigner les hommes violents

samedi 25 novembre 2017 à 12:55 Par Denis Guey, France Bleu Touraine

Athoba est un centre thérapeutique créé par l'association Entraide et Solidarités, il est devenu un outil de lutte contre la violence faite aux femmes.

Le centre thérapeutique Athoba accueille à Tours les maris ou les compagnons violents qui ont la volonté de se faire soigner
Le centre thérapeutique Athoba accueille à Tours les maris ou les compagnons violents qui ont la volonté de se faire soigner © Maxppp - Lionel Vadam

Indre-et-Loire, France

Plus de 20 000 femmes sont victimes chaque année de violences en Touraine et seulement 1700 plaintes sont enregistrées. Ces chiffres effrayants sont une triste illustration de la nécessité d'organiser chaque année une journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Emmanuel Macron a déclaré ce samedi que l'égalité homme femme, et en particulier la violence envers les femmes, seraient déclarées grande cause nationale. Il a annoncé la création d'un site Internet de signalement en ligne auprès des policiers et gendarmes.

On a souvent du mal à imaginer que derrière ces femme agressées, il y a aussi des hommes qui souffrent de ne pas savoir se maîtriser. A Tours, il existe un centre de thérapie pour ces hommes violents, il s'appelle Athoba, accueil thérapeutique pour hommes battants. Athoba est installé place des halles dans les locaux de l'association Entraide et Solidarité, ex-Entraide Ouvrière qui est à l'origine de sa création. France Bleu Touraine y a rencontré des hommes qui ont accepté de témoigner comme cet artisan plombier de 51 ans qui souhaite rester anonyme. Il a été condamné par la justice à deux ans d'obligation de soins et deux mois de prison avec sursis pour avoir frappé son épouse. Il fréquente le centre Athoba depuis deux ans.

"Je ne savais pas que j'étais violent, pour moi les coups de gueule c'était normal dans un couple. Il a fallu que mon épouse ne puisse plus supporter ma violence et qu'elle aille déposer plainte pour que je prenne conscience de la nécessité de me faire soigner" ce patient anonyme de 51 ans, soigné depuis deux ans au centre Athoba

Jonathan a 31 ans. Ce père de deux fillettes souffrait sans le savoir d'être violent envers sa compagne.

"J'étais assez violent, moralement et physiquement, j'en suis même venu aux mains. C'est ma psy qui m'a fait prendre conscience du problème. Cela a été très dur de me rendre compte à travers les groupes de parole et l'introspection combien j'étais violent avec mon ex-compagne" Jonathan, qui suit une thérapie depuis le mois de mai 2017

Depuis 2007, Athoba prend en charge ceux qu'on appelle trop facilement des bourreaux. Emmanuelle Doineau est l'une des deux psychologues qui suit une cinquantaine d'hommes violents, et parfois de femmes, chaque année.

"Nous avons des gens condamnés à des obligations de soins par les tribunaux et des volontaires qui souvent font la démarche parce que leur compagne les en a convaincus. La thérapie consiste à participer à des groupes de parole et à effectuer une introspection mentale. Notre taux de réussite atteint la barre élevée de 80% des malades ce qui veut dire aussi que nous enregistrons 20% de réitération" Emmanuelle Doineau, psychologue