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Violences faites aux femmes : une enquête dévoile des pistes pour mieux informer les victimes

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Pour la première fois dans le département de la Marne, une enquête a été réalisée auprès de femmes victimes de violences conjugales dont la plainte a fait l'objet d'une réponse pénale : 70 femmes ont accepté de répondre à un questionnaire anonyme.

Violences faites aux femmes : une enquête dévoile le ressenti de 70 victimes.
Violences faites aux femmes : une enquête dévoile le ressenti de 70 victimes. © AFP - RICCARDO MILAN

En novembre dernier, le gouvernement clôturait le Grenelle contre les violences faites aux femmes avec de nouvelles mesures visant à prévenir les violences et mieux protéger les victimes. Au même moment, à Reims, une enquête cherchait à connaître le ressenti des victimes dont la plainte a été traitée et fait l'objet d'une réponse pénale entre 2016 et 2018.

Quel accueil, quelle écoute des services de police et gendarmerie, quel suivi et quel accompagnement ? C'est pour le savoir que l'association Le Mars a soumis une liste de 41 questions à 70 femmes qui ont accepté de revenir sur leur histoire judiciaire.

"On connait le nombre de plaintes, le nombre d'accueil, le nombre de personnes suivies, on a le quantitatif et ce que l'on voulait avoir dit Nazha Chtany, la directrice de l'association Le Mars, c'est le qualitatif. Et notamment la compréhension de la victime. "Le suivi ne s'arrête pas à l'audience, quid du jugement ? demande Nazha Chtany, "est-ce qu'elle l'a reçu, compris ? "

Difficulté à comprendre la réponse pénale

"Les victimes nous disent deux choses, précise Matthieu Bourrette, le procureur de Reims . Elles nous disent que la prise en charge globale est plutôt bonne, l'écoute aussi, avec un accompagnement professionnel de tous les services. Mais elles nous disent aussi _qu'elles avaient davantage confiance en la justice avant l'intervention judiciaire"_

"Pas nécessairement parce que les peines ne sont pas assez lourdes", explique le magistrat, "il peut y avoir des mesures alternatives ordonnées, avec obligation pour le mis en cause d'effectuer un stage de sensibilisation aux violences, avec obligation d'indemniser ou encore une interdiction de contact". "Mais ce n'est pas une audience", insiste Matthieu Bourrette, "c'est un rendez-vous dans un bureau, la parole n'est pas la même et ces femmes peuvent penser ne pas avoir été entendues de la même manière". Les victimes peuvent donc être déçues.

Il y a celles aussi qui ne savent pas quel a été le résultat final "parce qu'on ne leur a pas donné " insiste le procureur. Des 70 victimes interrogées, 42 ont dit que leur plainte avait fait l'objet d'une audience pénale et 25 de mesures alternatives. Trois n'ont pas su répondre. 

Mieux garantir l'accompagnement des victimes

Cette enquête a permis de lister les points qui doivent être améliorés. Entre autres : 

  • toujours orienter les victimes vers Le Mars 51, même en l'absence de plainte déposée, 
  • informer systématiquement en cas de classement sans suite (ce qui concerne pratiquement deux plaintes sur trois, faute de preuves à charge), 
  • expliquer le rôle de chacun à l'audience, 
  • réduire les délais d'audiencement 
  • améliorer l'acoustique des salles d'audience 

Une liste d'une douzaine de préconisations sera soumise à une commission qui sera installée par le procureur de Reims à la rentrée.

L'association Le Mars a une permanence au commissariat de Reims et au tribunal judiciaire
L'association Le Mars a une permanence au commissariat de Reims et au tribunal judiciaire © Radio France - Sylvie Bassal

Libérer la parole des victimes

"Nous avons encore des marges de progression dit Matthieu Bourrette,  et ce sont les femmes victimes qui nous le disent. Il faut en tenir compte. Nous n'avons pas le droit de rater la victime." Pour Virginie Guérin, déléguée départementale aux droits des femmes et à l'égalité " à travers tout ce qui peut être fait par l'ensemble des acteurs dans le cadre de l'accompagnement global des victimes, on sauve des vies". Les violences conjugales sont un fléau. Dans le seul ressort du tribunal judiciaire, on compte une plainte déposée chaque jour. Depuis le 1er juillet dernier, une convention signée avec le CHU de Reims permet de faire un signalement des personnes victimes de violences.

A noter que ce projet d'enquête a été porté par le parquet de Reims, France Victimes 51, qui est un service de l'association Le Mars d'aide aux victimes et financé par les crédits de la Délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité. La même enquête est en cours de réalisation dans le ressort du tribunal judiciaire de Châlons-en-Champagne. 

Dans le ressort du tribunal judiciaire de Reims, 529 victimes ont été contactées et 70 ont accepté de répondre aux 41 questions. 

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