Faits divers – Justice

Violences : les enseignants du collège du Stockfeld à Strasbourg exercent leur droit de retrait

Par Céline Rousseau et Luc Dreosto, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass lundi 19 juin 2017 à 17:47

Le collège du Stockfeld situé dans le quartier du Neuhof à Strasbourg.
Le collège du Stockfeld situé dans le quartier du Neuhof à Strasbourg. © Radio France - Luc Dreosto

Les professeurs du collège du Stockfeld à Strasbourg exercent depuis ce lundi après-midi leur droit de retrait. Plus questions pour eux d'enseigner. Après plusieurs faits de violences, ils estiment que leur sécurité n'est pas assurée au sein de l'établissement.

Les professeurs du collège du Stockfeld dans le quartier du Neuhof à Strasbourg ont décidé d'exercer leur droit de retrait à compter de ce lundi après-midi à 13h. Ils ne font plus cours car ils estiment que les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

Le collège du Stockfeld classé en réseaux d'éducation prioritaire (REP) accueille 500 élèves. Ces derniers mois, les enseignants ont recensé une dizaine d'agressions envers des collègues ou les élèves : jets de chaises, tirs de pistolets à billes, sans compter les agressions verbales au quotidien.

Tant qu'on en était à de la violence verbale on prenait sur nous, mais là on a vraiment franchi un cap" - Frédéric Thébault, professeur d'histoire géographie

"Les incivilités ont toujours existé mais cette année on a franchi un cap", raconte Frédéric Thébault, professeur d'histoire-géographie depuis 6 ans au collège du Stockfeld. "Tant qu'on en était à de la violence verbale, on prenait sur nous, mais là on a deux collègues qui ont été agressés, des armes ont été introduites dans le collège. On veut des solutions avant les vacances pour pouvoir reprendre à la rentrée sereinement".

Plus de moyens, pour plus de sécurité

"Certains enseignants ont peur de venir travailler", ajoute Dominique Haquette de la CGT, professeur de mathématiques depuis 1à ans au Stockfeld. Les professeurs réclament le classement de l'établissement en REP+, davantage de moyens pour lutter contre cette insécurité croissante et des sanctions systématiques pour les fauteurs de trouble. Pour l'instant, la moitié de la cinquantaine d'enseignants exerce son droit de retrait.

L'inspection d'académie doit réunir un CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) qui rendra son avis sur cette situation au collège strasbourgeois du Stockfeld.