Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Violences faites aux femmes : "Je veux aider les personnes qui vivent ça" témoigne une victime à Bayonne

-
Par , France Bleu Pays Basque

Alors que les opérations de sensibilisation se multiplient à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, Axelle a voulu apporté sa pierre à l'édifice en témoignant du calvaire qu'elle a vécu, les violences psychologiques infligées par son mari.

Même si c'est difficile pour elle, Axelle a accepté de témoigner pour aider les autres victimes qui seraient dans ce processus (illustration).
Même si c'est difficile pour elle, Axelle a accepté de témoigner pour aider les autres victimes qui seraient dans ce processus (illustration). © Getty

Axelle est un nom d'emprunt. Elle a quitté celui qui lui infligeait des violences psychologiques depuis plus de 10 ans. Le chemin vers la reconstruction est long et tortueux. Aujourd'hui, elle tient à partager son témoignage parce qu'elle veut aider les victimes qui seraient dans ce cas, leur donner espoir qu'un autre avenir est possible. Un avenir sans dénigrement, sans maltraitance psychologique. Un avenir où elle peut être libre et elle-même. 

Un calvaire pendant 20 ans

Axelle avait l'impression de vivre le grand amour. Il lui a fallu 20 ans de mariage pour se rendre compte que ce n'était pas de l'amour mais une relation toxique. "Les violences psychologiques ont ça de terrible c'est que, ce que l'on entend à longueur de journées : qu'on ne vaut rien, qu'on est nulle, qu'on est moche, qu'on fait mal à manger, etc. on en est à force persuadée". L'auteur des violences utilise cette faille pour installer le doute. "On n'ose plus prendre une décision aussi futile soit-elle" poursuit Axelle. "J'étais incapable d'aller acheter un grille-pain sans lui ! Ce n'était même pas une question d'argent ! J'étais sûre que le grille-pain serait trop grand, trop petit, trop ceci ou pas assez cela." 

Électrochoc

Une femme victime de violences quitte le domicile conjugale en moyenne sept fois avant de partir définitivement. Pour Axelle, ce fut cinq faux-départs. C’est la rencontre avec une assistante sociale qui a été déterminant. Lorsqu'elle lui a demandé si son mari était un bon père, Axelle a répondu sans hésiter que oui. "Elle m'a dit 'stop'. Un bon père ne dénigre pas sa femme devant les enfants." Une phrase en particulier a fait prendre conscience à Axelle : "Vous donnez à vos fils l'image que c'est comme ça qu'on doit traiter une femme, et votre fille voit que c'est comme ça qu'on doit être traitée par un homme." 

Reconstruction

Une fois quitté le domicile conjugale, Axelle a dû faire face à un véritable parcours du combattant juridique. "Les juges ne se rendent pas compte et en plus Monsieur présente bien donc il peut endormir les gens". Aujourd’hui, Axelle est à la tête d’une petite entreprise qu’elle a créée et elle continue son chemin sur la voie de la reconstruction. "Ce n'est pas facile mais c'est possible" affirme-t-elle, "il faut arrêter de se dire que c'est normal, qu'il était énervé, que c'est de notre faute". Pour Axelle, rester avec son harceleur pensant bien faire pour les enfants est une erreur : "Les violences psychologiques même s'ils ne les subissent pas directement, lorsqu'elles sont dirigées contre la mère, c'est comme s'ils les prenaient pour eux".

Ecoutez le témoignage d'Axelle

L'emprise, un long processus

L'emprise se met en place "très progressivement" explique Marie-France Hirigoyen, psychothérapeute, auteure de plusieurs ouvrages sur le harcèlement moral, "par des attitudes qui ne paraissent pas grave si elles sont isolées". Le procédé monte en puissance : d'abord l'isolement physique et psychologique de la victime, les attaques contrôlées souvent masquées par la jalousie, le harcèlement avec des discussions sans fin... viennent ensuite l'intimidation et les menaces

L'usure mentale peut entraîner de graves conséquences sur la santé de la victime "la dépression, l'anxiété, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration" détaille Marie-France Hirigoyen "cela peut aller jusqu'au suicide". Quant au risque de cancer, "il n'est pas directement lié aux violences" explique la psychiatre, "mais il est incontestable qu'on a vu des victimes de violences psychologiques et qui développent très rapidement un cancer parce qu'elles ont perdu leurs moyens de défense".

"C'est la durée et la répétition qui va constituer la violence psychologique" — Marie-France Hirigoyen, psychiatre

Au Pays Basque, le "Réseau violence" qui regroupe neuf associations et structures d'aide aux victimes a accompagné 448 femmes l'an dernier.  Il gère une quarantaine d'hébergements d'urgences sur la côte basque mais aussi à l'intérieur pour mettre les victimes à l'abri.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Gérer mes choix

Choix de la station

À venir dansDanssecondess