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Faits divers – Justice

Violences urbaines à Nantes : pourquoi les pompiers mettent-ils parfois du temps à intervenir ?

jeudi 5 juillet 2018 à 17:00 Par Antoine Denéchère et Pascale Boucherie, France Bleu Loire Océan

Depuis le début des violences urbaines à Nantes, des habitants des quartiers disent ne pas comprendre pourquoi les pompiers mettent du temps avant d'intervenir sur des feux de voitures. Les responsables de la police et des pompiers reconnaissent des délais plus longs, mais ça s'explique.

Des pompiers en train d'éteindre un feu de voiture, mardi 3 juillet, quartier du Breil à Nantes
Des pompiers en train d'éteindre un feu de voiture, mardi 3 juillet, quartier du Breil à Nantes © Radio France - Antoine Denéchère

Nantes, France

"On est abandonnés" : c'est le cri du cœur d'un habitant du quartier Malakoff, ce jeudi à Nantes, après une deuxième nuit de violences urbaines, marquée entre autres par de nombreux feux de voitures. Ce quadragénaire explique : "on a été nombreux à appeler les pompiers pour signaler des feux de voitures pendant la nuit [de mercredi à jeudi]. On a attendu, attendu et pendant des heures, aucun pompier n'est venu dans le secteur de la rue de Chypre. On en a ras-le-bol." Ce témoignage est loin d'être unique, et beaucoup d'habitants des quartiers nantais disent peu ou prou la même chose.

On ne peut pas, dans certaines circonstances, intervenir en temps réel sur tout ce qui se passe !"

France Bleu Loire Océan a donc interrogé à ce sujet les responsables des pompiers et des policiers à Nantes. Le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) "ne conteste pas qu'un sentiment d'abandon puisse se développer parfois, tout simplement que quand on est faceà une conjonction d'événements en différents lieux, on a parfois une pénurie de moyens pour tous les traiter et on se concentre évidemment sur les plus importants". Jean-Christophe Bertrand poursuit : "quand vous avez des feux sur des bâtiments, la nécessaire protection qu'on doit assurer aux pompiers pendant un temps important, c'est autant de moyens de moins pour aller traiter le feu de véhicule qui vient de se produire." Le patron des policiers nantais explique donc qu'il est obligé de prioriser les interventions, notamment si les feux de véhicules ne menacent pas d'habitations. Et le dit clairement : "on ne peut, pas dans certaines circonstances, intervenir en temps réel sur tout ce qui se passe !" (vidéo réalisée par Nina Perruchet).

Le 18 a reçu un millier d'appels en six heures dans la nuit de mercredi à jeudi

Et le nombre d’interventions des pompiers a véritablement explosé depuis le début de la semaine à Nantes. Le chef du groupement des sapeurs-pompiers de Nantes recense par exemple une centaine d'interventions dans la seule nuit de mercredi à jeudi.  Et Jérôme Petigas ajoute que "le 18 a reçu un millier d'appels à Nantes entre 20 heures mercredi et 2 heures jeudi matin, plus de deux fois plus que d'habitude !" Certes les effectifs des opérateurs du centre d'incendie et de secours ont été renforcés depuis mardi, certes le nombre de pompiers mobilisés sur le terrain pour ces violences urbaines à Nantes est passé de quatre-vingt-seize habituellement à cent-soixante-neuf cette semaine, grâce à des renforts venus d'autres casernes du département, mais l'activité est telle actuellement que les délais d'intervention sont parfois plus longs.

Le chef du groupement des sapeurs-pompiers de Nantes, Jérôme Petigas - Radio France
Le chef du groupement des sapeurs-pompiers de Nantes, Jérôme Petigas © Radio France - Pascale Boucherie

Un autre paramètre entre en ligne de compte. Jean-Christophe Bertrand explique que lors d'évenements comme ces violences urbaines, un protocole entre la police et les pompiers de Loire-Atlantique prévoit que les soldats du feu soient systématiquement accompagnés par des policiers afin d'assurer leur sécurité pendant leurs interventions. "Les pompiers aussi sont caillassés, pas uniquement les pompiers", explique le DDSP. Ce qui fait qu' "à chaque intervention, nous devons d'abord nous coordonner afin que pompiers et policiers arrivent ensemble sur les lieux, et ça aussi ça prend du temps et rallonge les délais ! Je comprends que quand votre voiture est en train de brûler en bas de chez vous, vous trouvez ça long." 

Une dizaine de véhicules de pompiers victimes de caillassages à Nantes

Et Jérôme Petigas acquiesce : "c'est très lourd ! On est là à la base pour apporter du soutien et du secours aux citoyens, mais on subit des intimidations et des provocations. Et une dizaine de véhicules de pompiers ont déjà subi des caillassages à Nantes cette semaine", principalement des pavés et cailloux jetés sur les pare-brises."

Pompiers en intervention au Breil, le 3 juillet 2018, à Nantes - Radio France
Pompiers en intervention au Breil, le 3 juillet 2018, à Nantes © Radio France - Antoine Denéchère