Violente intrusion de nuit au théâtre d'Orléans : trois intermittents blessés, ainsi que le vigile
Dans la nuit de samedi à dimanche, cinq individus sont entrés dans le théâtre d'Orléans et s'en sont pris au vigile et aux intermittents du spectacle qui l'occupent depuis 2 mois. Trois intermittents ont été transportés aux urgences. Une enquête est ouverte pour violences volontaires en réunion.

Une violente bagarre a éclaté vers 1 heure du matin, dans la nuit de samedi à dimanche, à l'intérieur du théâtre d'Orléans. Les intermittents du spectacle, qui occupent le lieu depuis le 12 mars, ont été pris à partie par un groupe de cinq individus, indique la police nationale.
Le vigile frappé et agressé par cinq intrus
Ces derniers ont réussi à soulever un volet en fer situé à l'arrière du théâtre d'Orléans, et à pénétrer dans les lieux. Un vigile est allé à leur rencontre et a reçu plusieurs coups, notamment au visage. Alertés par le bruit, les intermittents se sont retrouvés nez à nez avec ces cinq individus.
Une bagarre a alors éclaté entre les deux groupes. Les cinq hommes ont ensuite quitté les lieux et pris la fuite à bord d'un véhicule. "C'est un acte ignoble, inadmissible et pathétique", réagit Marius, un des occupants du théâtre.
Cette agression va laisser des traces et renforcer notre lutte. Nos camarades ont pu intervenir très rapidement. Dès que nous avons prévenu tous les membres de l'occupation, ils nous ont apporté leur soutien et sont venus, tous, occuper le théâtre.
Hématomes et points de suture
A leur arrivée, les policiers ont constaté qu'il y avait plusieurs blessés, le vigile ainsi que des intermittents. Trois d'entre eux ont été transportés aux urgences de l'hôpital d'Orléans. Ils souffrent d'hématomes, selon la police. Kévin, la trentaine, s'est fait poser quinze points de suture sur la lèvre. Il a porté plainte, et estime que ses agresseurs sont probablement des militants d'extrême-droite.
Ils sont juste venus pour intimider, cogner. L'attitude, la dégaine de l'un d'entre eux montre des indications claires selon moi. Symboliquement, cet acte est grave même si je m'en tire bien physiquement. Je suis plutôt en colère et je veux encore plus participer à ce mouvement d'occupation du théâtre. La culture est là pour que les gens ne deviennent pas des individus comme ceux auxquels on a eu affaire.
Pour ses camarades, cela fait peu de doute. Une des intermittentes affirme que depuis le début de l'occupation du théâtre, il y a deux mois, des militants filment les visages des acteurs du monde de la culture, lors de leurs manifestations. La plus récente ayant eu lieu samedi après-midi. Quelques semaines auparavant, des affiches placardées devant le théâtre, en soutien aux migrants, ont été arrachées et remplacées par des étiquettes figurant l'Action Française, un groupuscule souverainiste d'extrême-droite.
Enquête pour violences volontaires en réunion ouverte
La procureure de la République d'Orléans Emmanuelle Bochenek-Puren indique ce dimanche qu'une enquête en flagrance pour violences volontaires en réunion est ouverte. Les investigations sont en cours, la police compte se servir des caméras de vidéo-surveillance, situées dans le théâtre et sur l'avenue Aristide Briand, par laquelle sont rentrés les malfaiteurs.
Aucun dégât matériel n'a été signalé dans le théâtre. Le maire d'Orléans Serge Grouard apporte, sur Twitter, son "soutien total aux intermittents" et précise que, le théâtre étant un bâtiment public, il étude la possibilité de porter plainte.
La police ne fait, de son côté, pas de lien, à ce stade, entre cette agression et l'organisation, samedi après-midi, d'une manifestation sur la place du Martroi, à laquelle a participé un individu portant une croix gammée tatouée sur le bras. Ce Loirétain de 25 ans avait été conduit au commissariat de police d'Orléans et avait écopé d'un rappel à la loi.