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Faits divers – Justice

Côte-d'Or : "Vive la France, pas de bougnoules", des tags racistes consternent plusieurs familles à Échevannes

jeudi 26 juillet 2018 à 17:13 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne

Qui a pu taguer de tels mots, "Vive la France, pas de bougnoules" ? Ces inscriptions racistes ont été découvertes en plein cœur d'un petit village de Côte-d'Or, Échevannes, à deux pas de la mairie. Une famille musulmane a décidé de faire un signalement à la gendarmerie.

Les tags pris en photo par la famille El Yacoubi ont enflammés Facebook "Spotted Is-sur-Tille et alentours"
Les tags pris en photo par la famille El Yacoubi ont enflammés Facebook "Spotted Is-sur-Tille et alentours" © Radio France - Thomas Nougaillon

Échevannes, France

La stupeur et l'incompréhension pour plusieurs familles musulmanes d'Échevannes tout près de Til-Chatel en Côte-d'Or. Lundi matin en faisant le tour du village le maire de cette commune a découvert des tags racistes dans un lavoir à deux pas de sa mairie. Sur ces inscriptions peintes en blanc à la bombe, on pouvait lire ces mots "vive la France, pas de bougnoules". A Échevannes, sur 300 habitants, 4 familles sont d'origines Turque, Marocaine et Algérienne. L'une d'entre elles, la famille El Yacoubi, choquée se sent particulièrement visée par ces tags peints à une dizaine de mètres de son domicile.   

Une plainte avait déjà était déposée en gendarmerie

D'autant que ce n'est pas une première regrette Lydie El Yacoubi. À 33 ans cette mère de famille est mariée à Khalid, un Français d'origine Marocaine, employé à la SNCF et pompier volontaire à Is-sur-Tille. Elle évoque une probable affaire de jalousie. La famille possédant deux maisons et un terrain à Échevannes. 

"Nous avons acheté un terrain il y a peu, au mois de juin on s'est fait dégrader notre voiture, rétroviseurs (cassés ndlr.), balais d'essuie-glace (tordus ndlr.). Nous avons porté plainte à la gendarmerie, le procureur a été alerté. Nous en avons parlé au maire. La seule réponse qu'il nous a donné c'est qu'il s'agissait d'une première à Échevannes. Nous avons laissé passé l'affaire. Mais hier matin, en allant au travail, mon mari a croisé le cantonnier qui l'a alerté sur ce qui s'est passé au lavoir. Du coup nous l'avons pris pour nous mais aussi pour les autres familles musulmanes de la commune" explique Lydie El Yacoubi.

Peut-être une affaire de jalousie s'interroge Lydie El Yacoubi?

Lydie El Yacoubi - Radio France
Lydie El Yacoubi © Radio France - Thomas Nougaillon

Indignée la jeune femme déplore ces faits qui se sont déroulés sur le lavoir de la commune. "Pourquoi sur le lavoir ? Pourquoi à Échevannes ?" s'interroge t-elle. "Je ne dis pas que ce sont des personnes d'Échevannes mais je veux savoir qui a fait le coup et pourquoi ces inscriptions "vive la France, pas de bougnoules" est ce qu'on dérange ? Que fait-on de mal ? Nous on demande juste le droit de vivre normalement. De plus nous éduquons nos enfants dans les valeurs de la France. Ils sont scolarisés dans une école privée catholique d'Is-sur-Tille. Nous sommes intégrés. Par ailleurs je suis française. Mon mari lui aussi est Français. Il travaille. Il est agent SNCF et pompier volontaire à Is-sur-Tille. C'est un homme très respecté de son chef de centre et de ses amis cheminots. Nous n'avons jamais eu de soucis. Il n'y a que dans ce village. Cela fait dix ans que nous vivons ici, dix ans que nous avons des soucis" déplore Lydie. 

"Que fait-on de mal?" demande Lydie El Yacoubi dont le mari employé à la SNCF est aussi pompier volontaire à Is-sur-Tille

Le tag tel qu'il a été découvert lundi matin - Aucun(e)
Le tag tel qu'il a été découvert lundi matin - Capture d'écran FaceBook

Des mots "intolérables" pour le maire

Les mots peints sous le lavoir du village sont "intolérables" pour le maire Michel Boirin. "Vous savez je suis le premier embêté de faire la "Une" pour des écritures qui vont contre la mentalité d'Échevannes" expose le premier magistrat. Michel Boirin qui a sa théorie. "Les auteurs sont ils d'Échevannes ou pas? Personnellement je ne pense qu'il s'agisse d'habitants de la commune". Le maire qui va plus loin. "Je pense que c'est lié à la Coupe du Monde de football. J'ai lu dans certains journaux que c'est une équipe Africaine qui a gagné la coupe. Je crois que cela viendrait de cela. Mais de là à dire qu'il s'agit d'un acte raciste contre monsieur El Yacoubi, qui est Français, je ne vois pas pourquoi il se sent concerné". 

Michel Boirin le maire d'Échevannes

Michel Boirin, le maire d'Échevannes en Côte-d'Or - Radio France
Michel Boirin, le maire d'Échevannes en Côte-d'Or © Radio France - Thomas Nougaillon
Michel Boirin montre le lavoir où ont été découverts les tags. Depuis ils ont été recouverts de peinture blanche. - Radio France
Michel Boirin montre le lavoir où ont été découverts les tags. Depuis ils ont été recouverts de peinture blanche. © Radio France - Thomas Nougaillon

Lydie El Yacoubi dénonce un acte de "racisme" elle n'a pas pu porter plainte du fait qu'aucun nom ne figurait sur ces tags. Mais elle a tout de même effectuée une déposition en gendarmerie. Déposition qui devait être transmise, elle aussi, au Procureur de la République de Dijon. La famille El Yacoubi envisage de tout vendre pour quitter le village. Michel Boirin lui non plus n'a pas déposé de plainte après ces tags. Des tags qu'il a tenté de faire effacer avant de les recouvrir à la peinture blanche.