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Faits divers – Justice

Vols sur l'Etang de Thau : il prenait les huîtres chez les voisins et partait les vendre sur le bord de la route

mardi 11 septembre 2018 à 20:27 Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault

La profession salue ce jugement comme "une victoire" : un producteur d'huîtres de Mèze, reconnu coupable de vols multiples sur le bassin de Thau, est condamné à 15 mois de prison avec sursis. Il devra indemniser une partie de ses victimes.

Un ostréiculteur de Mèze vient d'être condamné à 15 mois de prison avec sursis pour des vols de coquillages entre 2012 et 2014
Un ostréiculteur de Mèze vient d'être condamné à 15 mois de prison avec sursis pour des vols de coquillages entre 2012 et 2014 © Maxppp -

Étang de Thau, France

Un ostréiculteur de Mèze écope de 15 mois de prison avec sursis pour des vols répétés d'huîtres de 2012 à 2014 sur l'Etang de Thau. Il avait été interpellé en mars 2014, après une perquisition dans son mas où les gendarmes avaient découvert plus de 400 pochons d'huîtres appartenant à d'autres producteurs du Bassin. Il est soupçonné d'avoir ainsi pillé des tonnes de coquillages. La profession parle d'une vingtaine d'ostréiculteurs potentiellement victimes. Seuls quatre ont été reconnus comme tel et seront indemnisés. Le "producteur-voleur" devra verser près de 40.000 euros.

Des tours de garde pour identifier le voleur

La profession salue ce jugement comme une victoire, d'autant qu'il est rare de prendre les voleurs sur le fait. "C'est qu'on se fait voler régulièrement, explique Jean-Christophe Cabrol, premier vice-président du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée. Sur 500 producteurs, il doit y avoir une douzaine de brebis galeuses. Mais vu l'entendue de l'Etang, il est pas facile de les attraper".

Ses huîtres étaient pas chères. Maintenant je comprends mieux pourquoi

A l'époque ce sont des producteurs qui avaient fini par confondre le voleur. "Quatre producteurs avaient monté des tours de garde et ont fini par identifier un suspect potentiel" raconte Cabrol. Un manège bien rodé : il partait le samedi sur l'eau, prélevait des huîtres et moules prêtes à la consommation sur les tables des voisins et partait les vendre aussitôt au rond point d'Ambrussum à la sortie de l'autoroute à  Lunel. "Je me souviens qu'on me disait qu'à Lunel les huîtres étaient pas chères. Je comprends mieux pourquoi elles étaient pas chères ces huîtres!

Evincer les voleurs de la profession

Quinze mois de prison avec sursis, ce jugement peut en dissuader plus d'un. Mais la profession voudrait taper plus fort en privant les producteurs convaincus de vol du droit de pousuivre leur activité. "Leur retirer leur concession, ce qui n'existe pas encore dans les textes mais on va regarder ça de plus près" explique Jean Christophe Cabrol. 

Un automne sous surveillance 

Le risque de vol est accru cet automne, après l'épisode de malaïgue qui a devasté les élevages en août. 3.000 tonnes de perte pour les huîtres, c'est presque un tiers de la production. La profession craint que certains producteurs pris à la gorge - car certains ont tout perdu - ne soient tentés d'enfreindre les règles. La préfecture a autorisé des contrôles aléatoires dans les mas dès le mois d'octobre, et non pas seulement en décembre, à l’aube des fêtes comme chaque année. 

"Je comprends mieux pourquoi ses huîtres étaient pas chères". JC Cabrol, du Comité régional de conchyliculture