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Faits divers – Justice

Une femme tente de tuer ses enfants dans les Vosges : la justice se prononcera en 2018 sur sa responsabilité pénale

mercredi 29 novembre 2017 à 6:09 Par Nathalie Broutin et Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

En 2016, à Vagney dans les Vosges, une mère de famille tente de tuer ses trois enfants. Les experts psychiatres concluent à une abolition de son discernement, ce qui implique pas de procès. Le procureur d'Epinal annonce ce mercredi qu'il saisit la chambre d'instruction pour qu'il y ait un débat.

Le procureur de la République d'Epinal saisit la chambre d'instruction pour qu'elle tranche la responsabilité pénale d'une mère de famille qui a tenté de tuer ses enfants.
Le procureur de la République d'Epinal saisit la chambre d'instruction pour qu'elle tranche la responsabilité pénale d'une mère de famille qui a tenté de tuer ses enfants. © AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Vosges, France

Les faits remontent à mai 2016. Une famille, connue dans la commune de Vagney dans les Vosges, élève trois enfants âgés de 11, 13 et 16 ans. Le mari annonce qu'il quitte le domicile conjugal après avoir rencontré une nouvelle compagne. Sa femme ne le supporte pas.

Dans un contexte dépressif, la mère se renseigne sur internet avant de passer à l'acte

La mère de famille prévoit alors de tuer ses trois enfants, puis de se suicider. Selon le procureur d'Epinal Etienne Manteaux, elle se serait "documentée sur internet pour trouver la méthode la moins douloureuse". Finalement, elle choisit d'endormir les enfants avec des somnifères, avant de leur trancher la gorge.

Cette nuit de mai 2016, le femme débute alors sa démarche meurtrière. Munie d'un long couteau de cuisine, elle assène d'abord deux coups de couteau à sa fille de 13 ans, mais l'adolescente se réveille en raison de la douleur intense et demande à sa mère d'arrêter. " Une réaction qui semble ramener madame en partie à la raison" confie le magistrat spinalien, puisqu'elle appelle aussitôt les secours.

Le procureur demande un débat devant la chambre d'instruction

Le procureur d'Epinal explique qu'il a été démontré que cette mère de famille a administré des somnifères à ses trois enfants dans le projet de les tuer et de se suicider dans un contexte de dépression. Selon lui, "les experts psychiatres sont venus dire de manière concordante que la femme au moment des faits était atteinte d'une abolition de son discernement".

Etienne Manteaux demande ce mercredi que la chambre d'instruction soit saisie pour qu'il y ait un débat sur l'abolition, ou pas, de son discernement. La chambre d'instruction décidera, selon le magistrat. S'il y a abolition du discernement, la mère de famille sera libérée, s'il y a altération du discernement, cela ouvrira la possibilité d'un procès devant la cour d'Assises des Vosges. La décision de la chambre d'instruction pourrait être rendue début 2018.

La mère de famille, âgée de 45 ans aujourd'hui, a été mise en examen pour tentatives d'assassinats et placée en détention provisoire. Elle reconnaît les faits et refuse de sortir de prison, "compte tenu de l'état dépressif majeur qui est le sien". Ses trois enfants, placés jusqu'à présent chez une tante, rendent visite une fois par mois à leur mère en détention.

Abolition ou altération : que dit la loi ?

Le code pénal (art 122.1) fait la différence entre et abolition altération du jugement :

  • Abolition : une personne qui, au moment des faits, souffre d'un trouble psychique qui abolit son discernement ou le contrôle de ses actes n'est pas pénalement responsable.
  • Altération : si ce trouble a "seulement" altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes, cette personne demeure punissable.