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Faits divers – Justice

"On voulait juste lui faire peur" disent les accusés de l'assassinat du boulanger de Vélines

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Par , France Bleu Périgord

Deuxième jour du procès devant les assises de la Dordogne de trois hommes accusés de l'assassinat de l'apprenti boulanger de Port-Sainte Foy. La cour s'est penchée sur les faits eux-mêmes avec des accusés qui se rejettent la responsabilité des coups de couteaux et qui nient avoir planifié le crime.

Les proches de Benjamin Le Borgne arborent des t-shirts en son honneur lors du procès de ses assassins présumés
Les proches de Benjamin Le Borgne arborent des t-shirts en son honneur lors du procès de ses assassins présumés © Radio France - Antoine Balandra

Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, France

Deuxième jour hier du procès devant les assises de la Dordogne de trois hommes âgés de 22 à 26 ans accusés de l'assassinat du jeune apprenti boulanger de Port Sainte Foy.

Les faits datent de septembre 2016. Le corps de Benjamin le Borgne âgé à l'époque de 24 ans avait été retrouvé sur un terrain très isolé à Vélines lardé de 13 coups de couteaux.

Ce mardi après midi, la cour s'est penchée sur les faits eux mêmes en donnant la parole aux accusés pour qu'ils livrent chacun leur version. Pour tenter de comprendre QUI a donné les coups de couteau et surtout si le crime était planifié ou non. 

Qui a donné les coups de couteau ?

Car dans ce procès, il y en fait deux enjeux. D'abord, QUI a donné les 13 coups de couteaux à Benjamin Le Borgne ? Est-ce Valentin comme l'ont affirmé hier ses deux co-accusés. Ou bien Luc, comme l'affirme Valentin de son côté. Bref, qui est l'auteur du crime ?

Ce mardi devant la cour d'assises, chaque accusé a pris une part de responsabilité. Mais tous ont donc refusé d'assumer les coups de couteau. Alexandre a par exemple assumé avoir aidé à mettre le corps dans le coffre de la 207, avoir fait demi-tour alors qu'il fuyait dit-il, pendant que Valentin donnait les coups de couteau. Assumé aussi le fait de tenter de diluer la trace de sang sur la route à l'aide de whisky. Et de retourner un mobile home sur le terrain de dépôt du corps pour y trouver des vêtements propres pour son ami Valentin.

Le tribunal de Périgueux - Radio France
Le tribunal de Périgueux © Radio France - Antoine Balandra

Luc, lui a reconnu sans détour avoir donné les coups de bouteille. Avoir aidé à traîner le corps aussi. Et prêté son couteau à Valentin. Mais c'est tout. Quand Valentin de son côté rejette la responsabilité des coups de couteau sur Luc, qui l'aurait par ailleurs également blessé au mollet.

Meurtre ou assassinat ?

Mais la vraie question est sans doute de savoir s'il s'agit d'un meurtre ou d'un assassinat. En clair, le crime était il prémédité. Y avait-il un pacte criminel entre les trois hommes ? Une entente, une préparation commune ? Ce mardi l'accusation a tout fait pour prouver que oui. Se basant sur les déclarations positives des accusés durant l'instruction. Et en posant de nombreuses questions.

Pourquoi Valentin a-t-il dit au cours de la soirée qu'il voulait "planter Benjamin", comme l'affirme Alexandre ? Pourquoi Alexandre s'est-il changé avant les faits pour s'habiller tout en noir ? Pourquoi Luc a-t-il prêté son couteau Laguiole à Valentin, au cours de la soirée ? Pourquoi a-t-il fait basculer le siège de la victime dans la 207 pour l'empêcher de s'enfuir, alors qu'il l'avait déjà à moitié assommée à coup de bouteille de whisky ?

Beaucoup d'interrogations, mais face à la cour, les trois hommes ont tous juré que le but de la visite chez Benjamin Le Borgne, c'était juste de lui faire peur. Il reste trois jours aux jurés pour se faire leur propre opinion.

"Il n'y a pas d'éléments préparatoires, ils font cruellement défaut" — Maître Tugas

Mais pour l'avocat de Valentin, maître Antoine Tugas, du barreau de Bayonne, son client n'a absolument pas prémédité son geste. "Le projet criminel soutient un élément de l'accusation, mais il n'y a pas d'éléments préparatoires, ils font cruellement défaut. Les trois hommes passent cinq heures à fumer, à boire, à jouer à la console. Bien... Et on fait de cela l'instant ou le crime est fomenté, moi je n'y crois pas...", explique Maître Tugas. "Je leur tire mon chapeau, vu leur état ce soir-là, s'ils sont capables ne serait-ce qu'une seconde de se rappeler des conversations qu'ils ont eu", poursuit l'avocat.