Faits divers – Justice

18 mois de prison avec sursis requis contre l'institutrice de Feytiat, accusée de violences sur enfants

Par Julien Balidas, France Bleu Limousin et France Bleu jeudi 31 mars 2016 à 2:56

Le tribunal de Limoges.
Le tribunal de Limoges. © Radio France

Après avoir été relaxée en janvier, l'institutrice de Feytiat comparaissait à nouveau ce mercredi à Limoges pour violences physiques et morales sur des élèves de petite section. Le parquet avait fait appel. 18 mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer à vie ont été requis.

Les faits qui étaient reprochés à cette institutrice de Feytiat s'étalent sur trois ans, de février 2012 à février 2015. Selon les témoignages, l'enseignante aurait exercé des violences physiques et psychologiques sur les enfants, allant même jusqu'à gifler ses élèves ou encore les enfermer dans un placard en guise de punition. Au total, 24 familles se sont portées parties civiles dans ce dossier.

Mercredi, son procès en appel s'est achevé à 2h du matin après plus de quinze heures de débats. En première instance, en correctionnelle, l'enseignante accusée de violences physiques et psychologiques sur des enfants en bas âge entre 2011 et 2015 avait donc été relaxée. Mais cette fois la séance a pris une autre tournure et Delphine Adam, l'institutrice, n'a pas forcément convaincu.

"C'est une délinquante que vous avez à juger"

"Ce n'est pas une enseignante mais une délinquante que vous avez à juger". C'est par ces mots adressés à la cour que l'avocat général a attaqué ses réquisitions vers 1h du matin, qui a donc requis 18 mois de prison avec sursis et une interdiction définitive d'exercer toute fonction en lien avec des mineurs contre l'institutrice de l'école maternelle de Feytiat. Des mots justifiés selon lui par tout ce qu'il a entendu au cours de ces quinze heures d'audience,  marquées notamment par les auditions à la barre de huit témoins. Des assistantes maternelles, ou encore des enseignants,  tous rangés du côté des parents et venus dénoncer les gestes de Delphine Adam. C'est le cas d'Antoine Guillaumie par exemple. Il avait remplacé Delphine Adam pendant six mois.

Antoine Guillaumie explique pourquoi il a voulu témoigner.

Avant cela, l'institutrice de 49 ans ne s'est pas forcément montrée convaincante. Notamment lorsque l'avocat général lui a demandé de mimer ces gestes violents dont on l'accuse, de décrire la "chaise à grandir", celle-la même où étaient punis les enfants. Mais Delphine Adam a suivi sa ligne de conduite, expliquant que tous les propos étaient mensongers ou exagérés.

L'avocat de l'institutrice demande la relaxe

L'avocat de l'institutrice Me Emmanuel Raynal a demandé la relaxe pure et simple lors de sa plaidoirie. Et ce malgré la présence nouvelle des témoins. Cela ne change pas le fond du dossier selon lui.

Me Emmanuel Raynal, avocat de l'institutrice.

La décision a été mise en délibéré et sera rendue le 27 mai prochain.