Faits divers – Justice

Le père de Corentin en grève de la faim pour réclamer le dépaysement de l'enquête sur la mort de son fils

Par Cécile Soulé et Rachel Noel, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu mercredi 7 septembre 2016 à 7:02

Le petit Corentin, 11 ans, décédé en novembre 2014 à Metz
Le petit Corentin, 11 ans, décédé en novembre 2014 à Metz © Maxppp - Julio Pelaez

Le père de Corentin, décédé d'une opération ratée de l'appendicite à la clinique Claude-Bernard à Metz, a décidé depuis mardi 6 septembre d'entamer une grève de la faim. Une décision prise alors que la Cour de cassation refuse le dépaysement du dossier judiciaire.

La tension monte entre la justice et les parents du petit Corentin décédé à Metz en novembre 2014 d'une opération ratée de l'appendicite à la clinique Claude-Bernard. Pierre Jeras, le père du garçon de 11 ans, entame une grève de la faim. Depuis mardi 6 septembre au matin, ce psychiatre de profession, établi à Illange, refuse de s'alimenter et de s'hydrater.

Pierre Jeras réclame le dépaysement du dossier judiciaire mais la Cour de la cassation vient de le lui refuser.  Le procureur général explique dans un courrier : "il n'existe pas d'éléments suffisants permettant une telle saisine sur le fondement de la procédure pénale". Dans ce drame, deux chirurgiens de la clinique ont été mis en examen pour homicide involontaire et l'ordre des médecin leur a interdit d'exercer pendant trois ans pour l'un, deux ans pour l'autre (dont 1 avec sursis). Mais même si l'enquête a avancé, les parents de Corentin estiment que l'instruction n'est pas menée dans un climat serein et expliquent qu'ils ont dû se battre pour obtenir des réponses sur la mort de leur fils.

Le père de Corentin, Pierre Jeras, explique qu'il n'"a plus rien à perdre"

Les gens peuvent penser qu'on a obtenu beaucoup de choses, mais finalement au forceps. Je pense que la justice doit tenir son rôle, je pense que notre système de soins est en dérive. Il faut se poser la question de qui opère, qui travaille dans nos hôpitaux, nos cliniques. Nous, on veut pouvoir désigner très clairement les coupables. On a commencé avec les deux chirurgiens mais il y a tout le système derrière."

Pierre Jeras n'a pas peur, dit-il, de "gêner l'ordre établi" et affirme qu'il n'a plus rien à perdre : "J'ai vu trop de choses et je n'ai pas le droit de me taire."