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Faits divers – Justice

Y a-t-il eu harcèlement moral à l'Intermarché de Châteauneuf-sur-Loire ?

vendredi 9 novembre 2018 à 5:31 Par François Guéroult, France Bleu Orléans

Les anciens gérants de l'Intermarché de Châteauneuf-sur-Loire ont-ils exercé du harcèlement moral sur leurs salariés ? C'est la question à laquelle devra répondre le tribunal correctionnel d'Orléans. Les faits datent de 2008-2010, à l'encontre de 5 victimes. Les anciens patrons nient en bloc.

Le tribunal correctionnel d'Orléans rendra son jugement le 17 janvier prochain
Le tribunal correctionnel d'Orléans rendra son jugement le 17 janvier prochain © Radio France - François Guéroult

Châteauneuf-sur-Loire, France

"Fainéant", "incapable", "bon à nettoyer les chiottes" : ces injures à l'encontre d'une partie du personnel, Catia et Laurent Martin les auraient prononcées quotidiennement quand ils géraient l'Intermarché de Châteauneuf-sur-Loire il y a 10 ans. Des injures mais aussi des surveillances tatillonnes, des brimades comme l'obligation de modifier la mise en rayon des produits sans raison, des remarques sur les tenues vestimentaires, et même des heures supplémentaires non payées, tout cela aurait eu lieu entre 2008 et 2010.

Aucune victime présente à l'audience

C'est en fait l'inspectrice du travail qui dénonce les faits en mars 2011 auprès du procureur, après avoir reçu de nombreuses lettres de dénonciation et interrogé 13 salariés sur la trentaine que compte le supermarché à l'époque - le Parquet n'a retenu au final que 5 victimes dans la procédure. On évoque aussi une tentative de suicide et un employé atteint de bégaiement à cause du stress.

Aucun de ces salariés n'était hier à l'audience. Les époux Martin, en revanche, se sont défendus bec et ongles, niant tout harcèlement moral : "Je n'ai jamais traité mon personnel ainsi, ces mots ne font pas partie de mon langage", a assuré Laurent Martin. Ils affirment même avoir été victimes d'un complot ourdi par le groupe Intermarché : quand ils rachètent le magasin en 2008 à Philippe Boutron (actuel président de l'USO, le club de football d'Orléans qui évolue en Ligue 2), ils ignorent qu'il y a selon eux une dette de 600 000 euros et jusqu'à 3 ans de retard dans les congés payés de certains salariés, "totalement livrés à eux-mêmes". "Nous avons dû tout remettre en place, à commencer par les plannings, et certains ont refusé..." Malgré un changement d'enseigne avec Carrefour market, les difficultés économiques s'accumulent et le supermarché met la clé sous la porte en 2011 - avant d'être repris par.... Intermarché. "On a voulu nous détruire", concluent-ils.

6 mois de prison avec sursis requis

Un complot auquel ne croit pas le procureur qui a requis 6 mois de prison avec sursis à l'encontre des deux prévenus : "Ce sont des faits anciens mais graves, avec un nombre particulièrement important de témoignages concordants sur plusieurs années", souligne Thomas Monier. A l'inverse, Me Pascal Lavisse, l'avocat des époux Martin, a brandi une lettre ouverte signée en 2009 par 24 salariés qui écrivaient alors : "Certains de nos collègues font tout pour nuire à l'entreprise, nous sommes nous heureux de travailler ici." Pour l'avocat, non seulement les faits sont anciens mais ils sont même prescrits, ses clients n'ayant été interrogés pour la première fois par les enquêteurs qu'en 2016, "alors que la Cour européenne des droits de l'homme indique que les procédures doivent être diligentées dans un délai raisonnable." Le tribunal correctionnel d'Orléans a mis son jugement en délibéré : la décision sera rendue le 17 janvier 2019.