Faits divers – Justice

Yonne : flashé à 234 km/h en juillet, l'automobiliste ne sera pas forcément condamné

Par Renaud Candelier, France Bleu Auxerre et France Bleu mardi 6 septembre 2016 à 19:18

Flashé à 234 km/h sur une route départementale de l'Yonne
Flashé à 234 km/h sur une route départementale de l'Yonne © Maxppp -

Le 20 juillet dernier, les gendarmes du nord de l'Yonne interpellent le conducteur d'une BMW série 4 à Cuy. Quelques kilomètres avant, ils ont enregistré une voiture roulant à 234 km/h, sur cette route départementale. Le conducteur était jugé ce mardi. Mais son avocat a plaidé la nullité.

Le conducteur de 32 ans, qui avait été interpellé par les gendarmes à Cuy (Yonne) le 20 juillet dernier, s'est présenté ce mardi devant le tribunal de police de Sens. Le conducteur de la BMW série 4 s'était vu retirer son permis sur le champ pour une durée de six mois. Il risque aussi en théorie une amende pouvant aller jusqu'à 1.500 euros.

Cet automobiliste est cependant loin d'être condamné. Il a pris pour avocat Me Sébastien Dufour, spécialiste des infractions routières. Dès le début de l'audience, le juriste a commencé par pointer les problèmes d'équipement de la gendarmerie.

"Les services de gendarmerie utilisent du matériel complètement obsolète" Sébastien Dufour, avocat à la cour

Mais ces jumelles de mesure de la vitesse (ou cinémomètres) peuvent rester en service à condition de bénéficier d'un entretien annuel. "Or cet élément de preuve n'a pas été versé au dossier", rappelle l'avocat. "C'est vrai qu'il y a un flou sur la validité du contrôle", reconnait le procureur. Et l'avocat d'enfoncer le clou, expliquant en somme "de toute façon, ce n'est pas mon client qui a commis cette infraction".

"Je ne fais aucune confiance aux services de gendarmerie"

"Comment les gendarmes ont-ils pu suivre le véhicule à cette vitesse, sans le perdre de vue sachant qu'ils étaient à l'arrêt avec leurs jumelles ? Je ne fais aucune confiance aux services de gendarmerie", poursuit l'avocat.

Il sort alors son téléphone, fait écouter un début de conversation avec un responsable de la brigade qu'il a enregistré. Le gendarme y reconnait que ses collègues ont pu perdre la voiture de vue. Le procédé n'a pas de valeur juridique mais il fait mouche dans une salle devenue très silencieuse.

Six mois de suspension de permis requis par le parquet

Compte-tenu des doutes sur ce dossier, le tribunal a décidé de mettre sa décision en délibéré au 8 novembre prochain. Le parquet a requis six mois de suspension de permis, 200 euros d'amende et l'obligation de suivre un stage sur les dangers de la route. Un excès de plus de 50 km/h entraîne automatiquement une perte de 6 points sur le permis.