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Faits divers – Justice

Ils avaient récolté des fonds en mentant sur la maladie de leur fille

mardi 28 novembre 2017 à 18:45 - Mis à jour le mardi 28 novembre 2017 à 20:55 Par Renaud Candelier, France Bleu Auxerre et France Bleu

Un couple de Saint-Valérien (Yonne) a été condamné à cinq mois de prison ferme ce mardi 28 novembre 2017 pour escroquerie. Ces parents en surendettement avaient fondé l’association "Le souffle de Lydie" pour leur fille qu’ils disaient gravement malade. Mais l’enfant était simplement asthmatique.

Le palais de justice de Sens (Yonne)
Le palais de justice de Sens (Yonne) © Radio France - Renaud Candelier

Sens, France

Fin 2013, un médecin du nord de l'Yonne alerte la procureure de la République de Sens après la création d’une association, ""Le Souffle de Lydie" et un reportage diffusé sur France 3 Bourgogne. Elle se dit profondément choquée et affirme que la petite fille âgée à l’époque de neuf ans n’a pas de maladie chronique gravissime.

Les parents avaient pourtant créé une association au mois d’octobre affirmant que Lydie souffrait de broncho-pneumopathie obstructive chronique cancéreuse (BPCO). Et qu’elle avait besoin d’une greffe de poumon et d’artère. Une manifestation de soutien est organisée à Piffonds, une randonnée avec kermesse est prévue par la suite, même les élèves de l’école se mobilisent avec des dessins. La mobilisation permet de récolter 2.300 euros ainsi qu’un fauteuil roulant. Sauf que cette maladie ne peut pas toucher les enfants et qu’il n’existe aucune forme cancéreuse.

Comment expliquez-vous que personne ne la voyait fatiguée ?"

« Mais elle n’allait vraiment pas bien », affirme la mère âgée de 36 ans aujourd’hui, « elle était fatiguée, elle avait des cernes, je pense à cause de ses nombreux traitements ». « Et comment expliquez-vous que personne ne la voyait fatiguée ? » s’énerve la procureure, « ni les institutrices, ni les médecins, ni votre entourage ».

« Je n’ai pas menti, je me suis trompée sur le diagnostic » répond la mère. Pourtant aucun médecin n’a jamais indiqué que la petite fille pouvait être atteinte de BPCO. Elle en avait consulté trois à Sens, puis à l’hôpital Trousseau à Paris et à l’hôpital Necker. « Madame est une manipulatrice » analyse la procureure. Elle avait assuré à son mari qu’elle était atteinte de deux cancers et de sclérose en plaque, pour dit-elle retrouver l’attention de son mari.

Le père, lui, assure qu’il faisait confiance à son épouse au sujet de la maladie de sa fille. « On n’a pas créé l’association dans un but d’enrichissement » explique l’homme de 39 ans, alors en procédure de surendettement depuis plusieurs années. « Ça n’empêche pas l’escroquerie » rétorque le président du tribunal.

A dix ans, cette gamine pense qu’elle a un cancer"

« C’est proprement ignoble ce que ces parents ont fait à leur fille, ça dépasse l’entendement », dénonce l’avocate du conseil départemental, partie civile. « Ces parents ont gâché l’enfance de leur fille pendant un an et demi. Madame n’était jamais satisfaite des résultats des examens médicaux. Elle a donc inventé son propre diagnostic. Mais c’est terrible ! A dix ans, cette gamine pensait qu’elle avait un cancer et qu’elle allait mourir, comme son grand-père, d’un cancer. Cela laisse forcément des traces chez un enfant. D’ailleurs aujourd’hui elle veut être médecin.»

Madame croyait à son mensonge"

Pour qu’il y ait escroquerie, il faut que l’intention soit caractérisée. « Or madame croyait vraiment à son propre mensonge » assure son avocate. « Vous reconnaissez avoir commis une escroquerie ? » demande le président. Le père répond oui, la mère non.

Si le préjudice financier est limité, c’est que le parquet de Sens est intervenu la veille de la deuxième mobilisation en juin 2014. « Des personnes avaient prévu de venir d’un peu partout en France » explique la procureure qui demande au tribunal une peine de prison ferme pour chacun des parents : cinq mois de prison ferme et dix mois avec sursis, ainsi qu’une confiscation des comptes retenus sous scellés. Une cinquantaine de victimes avaient été recensés par les enquêteurs.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. Le couple est également condamné à rembourser plusieurs centaines d'euros de préjudice aux particuliers, victimes de leur escroquerie, ainsi que 3.000 euros au conseil départemental pour préjudice moral.