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Faits divers - Justice

A La Souterraine, le "Fiché S" Mohamed Alashram en appelle à la justice

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Par , France Bleu Creuse, France Bleu, France Bleu Alsace

Le Palestinien, assigné à résidence à La Souterraine depuis un an et demi, rejette les accusations des autorités françaises. "Je n'ai pas participé à la radicalisation de jeunes gens qui sont allés combattre en Syrie aux côtés de Daech". Il entame une grève de la faim pour réclamer justice.

Mohamed Al Ashram, devant son lieu de résidence à La Souterraine
Mohamed Al Ashram, devant son lieu de résidence à La Souterraine © Radio France - Fabien Arnet

La Souterraine, France

"Je suis docteur en pharmacie, pas imam, encore moins un imam radical." Voilà ce que dit Mohamed Alashram, assigné à résidence depuis mai 2015, et dans un hôtel de La Souterraine depuis mars 2018.

Lundi, ce Palestinien de 52 ans a entamé une grève de la faim pour réclamer justice. Il demande que la justice française tranche son cas sur le fond, c'est-à-dire sur les raisons de son "enfermement à ciel ouvert".

Les autorités françaises lui reprochent d’avoir prêché la haine de l'Occident et d'Israël durant des années dans plusieurs mosquées de Strasbourg. Mais aussi d'avoir participé à la radicalisation de jeunes gens, partis en Syrie.

"Les RG ont fabriqué un personnage de toutes pièces" - Maitre Nohra Boukara

"On a fabriqué un personnage de toutes pièces", assure son avocate Nohra Bouakara. "Son dossier ne tient que sur des "notes blanches" rédigées par les Renseignements Généraux. Les jeunes qui sont partis en Syrie, et jugés à leur retour en France, n'ont jamais mentionné son nom. _Il est une victime collatérale des attentats de novembre 2015_."

Mohamed Alashram raconte son histoire. "Je suis docteur en pharmacie, j'ai obtenu mon diplôme en Moldavie. J'ai tenté de le faire valider par l'Université de Strasbourg, sans succès." Devant nous, il produit toutes les pièces justificatives... et il décrit sa drôle de relation avec les Renseignements généraux. "Un jour, une vingtaine de policiers me tombent sur le dos en plein Strasbourg. Je passe deux jours en garde-à-vue, on me soupçonne de terrorisme." "Plus tard, _les RG me contactent et me proposent de collaborer avec eux... je refuse. Depuis, je vis un enfer_."

"Je suis docteur en pharmacie", Mohamed Al Ashram montre les pièces justificatives - Radio France
"Je suis docteur en pharmacie", Mohamed Al Ashram montre les pièces justificatives © Radio France - Fabien Arnet

" C'est n'importe quoi, sinon le nom de mon client serait dans la procédure, il n'y est pas, alors arrêtons" - son avocate Nohra Bouakara 

Mohamed Al Ashram a bien fait des prêches, "mais à la demande des fidèles, car je ne suis pas imam. J'aime la France, je n'en ai jamais dit de mal." Son nom est cité par plusieurs médias, notamment "Libération", comme étant l'inspirateur d'un des kamikazes du Bataclan. Son avocate réfute : "C'est n'importe quoi, sinon le nom de mon client serait dans la procédure, il n'y est pas, alors arrêtons."

De son côté, le maire de La Souterraine, Jean-François Muguay est lassé par la situation. "Je n'ai pas eu le choix. En mars 2018, le préfet de la Creuse me contacte et me dit : "On va mettre un "fiché S" dans un hôtel de La Souterraine." Je n'y peux rien. Depuis deux jours, les insultes et les menaces pleuvent sur les réseaux sociaux à l'encontre des gérants de l'hôtel, il faut que ça cesse."

A Strasbourg, un collectif de soutien à Mohamed Al Ashram a été créé. "On a recueilli près de 400 signatures, on réclame la justice", dit l'un des membres du collectif. "On a encore des voies de recours", assure Me Boukara. En attendant, Mohamed Al Alashram signe un document qui explique les raisons de sa grève de la faim.

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