Insolite

87.5! : la radio pirate qui émet en toute discrétion à Nantes

Par Alexandre Blanc, France Bleu Loire Océan jeudi 15 octobre 2015 à 5:00

Emetteur radio
Emetteur radio - 87.5! Naoned

"87.5! Naoned" émet en toute illégalité à Nantes depuis environ 4 ans. Atypique dans le paysage radiophonique nantais, cette radio 100 % musicale diffuse 24h sur 24 des titres en-dehors des circuits commerciaux, grâce à un passionné de la FM.

Ancien animateur radio, Thomas est aujourd'hui fonctionnaire. À lui tout seul, il assure la diffusion d'une radio qui émet sur la bande FM nantaise sans autorisation : "87.5! Naoned". La station 100 % musicale donne à entendre des titres en-dehors des circuits commerciaux. Au début, Thomas souhaitait simplement bidouiller un système domestique pour écouter sa musique sans avoir à changer les CD. "J'ai posé sur mon PC un petit diffuseur qui ré-émet sur mon tuner à la maison, et puis je me suis dit que j'écouterais bien dans ma voiture, et puis au travail. Et puis ça s'est propagé", raconte le pirate. Aujourd'hui, Thomas arrose tout Nantes.

Le 87.5, c'est la toute première fréquence sur laquelle on tombe lorsque l'on branche un poste pour la première fois ou lorsque le courant revient après une panne. Grâce au web, la station nantaise est également écoutée en Russie, en Australie ou encore au Costa-Rica. Thomas n'en est pas à son coup d'essai. Il a commencé à 17 ans en bricolant un micro-HF de son papa, professionnel de la télé. Il n'avait alors, à Marseille, qu'un seul voisin pour auditeur. Depuis, Thomas vit à Nantes où il a participé à plusieurs radios pirates, illégales. "Une fois, un technicien est venu me contrôler. Il était très sympa. On a bu un café et puis je lui ai montré le grenier avec des trains électriques et l'émetteur poussiéreux. Il était mort de rire, il m'a filé la feuille et basta", se souvient Thomas. Aujourd'hui, les quelques 11 000 titres diffusés sur le 87.5 partent du micro-PC et de l'émetteur installés dans la maison de Thomas, à côté du chauffe-eau.

Thomas est plutôt du genre fataliste face au risque de se faire attraper. "Je touche du bois. De toutes façons, qui veut localiser localisera". Thomas sait que si ça radio ne gêne ni les stations autorisées, ni les aéroports, ni les pouvoirs publics, il a une chance d'échapper aux sanctions les plus sévères qui consistent en une confiscation et une amende