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Accoucher pendant le confinement : "On se demande dans quel monde notre bébé va naître ?"

Quand Daphné a appris qu'elle était enceinte il y a neuf mois, elle n'aurait jamais imaginé qu'elle accoucherait en pleine pandémie mondiale. Son petit Augustin est né le 27 mars à la maternité du CHU de Caen. Une naissance, c’est toujours un grand bouleversement, mais encore plus en ce moment…

Augustin est né à 6h35  le vendredi 27 mars en pleine épidémie de Covid-19. Un contexte anxiogène qui ne l'empêche pas de dormir "comme un bébé" Augustin est né à 6h35  le vendredi 27 mars en pleine épidémie de Covid-19. Un contexte anxiogène qui ne l'empêche pas de dormir "comme un bébé"
Augustin est né à 6h35 le vendredi 27 mars en pleine épidémie de Covid-19. Un contexte anxiogène qui ne l'empêche pas de dormir "comme un bébé" - © DR

Les derniers jours avant son accouchement, Daphné avait surtout peur que son mari ne puisse pas être là. "Comme les mesures changent un peu tous les jours..." s'excuse-t-elle. Inquiétudes bien légitimes pour la jeune femme qui s'apprête à donner naissance à son premier enfant. Mais c'est finalement ensemble que le jeune couple est parti à la maternité du CHU de Caen dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Et le futur papa a pu entrer en salle de travail. "Avec un masque, comme pour le personnel soignant, raconte Daphné, c'est vrai que ça donne une ambiance étrange, dans un CHU désert, ce qui n'arrive jamais, avec des affiches sur le Covid 19 placardées partout". 

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Le papa a dû repartir 4 heures après la naissance

A 6h35 vendredi matin, Augustin est né. En pleine forme. Clément son papa a pu rester quatre heures dans la salle de travail. "Il a fait du peau à peau avec son bébé, glisse la jeune maman encore émue, et après il a dû nous laisser". Car depuis la semaine dernière, le CHU de Caen, comme la majorité des maternités de la région, n'autorise plus les visites après la naissance. "C'était dur pour moi, mais pour lui surtout, de se retrouver tout seul, en plus confiné dans l'appartement". Conversations par téléphone et par Skype ont permis à toute la petite famille de passer des moments ensemble virtuellement. "Le personnel soignant a aussi fait des vidéos et des photos pour lui". 

Accoucher en pleine pandémie mondiale, ce n'est pas anodin

Un personnel soignant que Daphné ne cesse de remercier. "Ils sont dévoués, patients, à l'écoute". Car accoucher en pleine pandémie mondiale n'est pas anodin. "Donner la vie quand on ne fait que parler de morts, que de compter les morts, c'est quand même angoissant. On se demande dans quel monde notre bébé va naître, quel avenir on lui donne..." Mais depuis la naissance avoue-t-elle, "je suis dans une bulle, le coronavirus n'existe plus pour moi, j'ai tout oublié !" Et elle ne s'inquiète finalement pas vraiment pour la suite en confinement. Comme lui a dit le pédiatre avant qu'elle ne quitte la maternité, "votre bébé va être très bien avec son papa et sa maman au chaud, pas de souci pour lui". Mais que le confinement ne dure quand même pas éternellement "pour qu'Augustin puisse rencontrer ses grands parents..."

Les maternités de la région se sont mises à l'heure du confinement

Jusqu’à dimanche, la personne ayant assisté à l’accouchement était encore autorisée à venir voir la maman et le bébé les jours suivants à la maternité d’Argentan. Ce n’est plus possible depuis ce lundi. Aucune visite n’est autorisée désormais avant la sortie. Une mesure draconienne déjà prise depuis la semaine dernière à Alençon, au CHU et à la polyclinique du parc à Caen, ainsi qu’à Cherbourg, Saint Lô, au Havre ou encore à la maternité du CHU Charles Nicolle à Rouen. A Rouen, en revanche à la maternité du Belvédère, la deuxième plus importante en Seine Maritime, l’autre parent peut venir rendre une visite quotidienne. Mais sans déambuler dans les couloirs, toute sortie de la chambre est définitive précise la direction. Une visite une fois par jour, c’est aussi toujours possible dans les plus petites maternités de la région comme celle d’Avranches-Granville. A L’Aigle et à Bayeux, l’accompagnant peut même rester dormir à condition d’avoir assisté à l’accouchement.. et de ne pas avoir oublié de prendre sa valise avant d’arriver  à la maternité ! 

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