Insolite

A Besançon, des chants antimilitaristes pour commémorer le 11 novembre

Par Dimitri Imbert, France Bleu Besançon et France Bleu vendredi 11 novembre 2016 à 17:11

La chanson de Craonne, la Butte Rouge ou encore Giroflée Girofla, voilà quelques-uns des airs entonnés par les militants
La chanson de Craonne, la Butte Rouge ou encore Giroflée Girofla, voilà quelques-uns des airs entonnés par les militants © Radio France - Dimitri Imbert

A chacun son 11 novembre. A Besançon, une trentaine de personnes ont défilé ce vendredi en chantant des airs antimilitaristes pour célébrer, à leur façon, l'armistice de la Grande Guerre.

C'est une tradition peu connue mais bien vivace à Besançon, ville traditionnellement de gauche. Ce 11 novembre, 25 personnes, militants de gauche, anarchistes ou simples citoyens, se sont retrouvées au centre-ville pour perpétuer cette coutume : chanter des airs antimilitaristes pour commémorer à leur façon l'armistice de la Première Guerre mondiale.

Toute une partie du peuple n'avait pas demandé à se faire trouer la paillasse" - Norbert, Bisontin et antimilitariste

Parmi ces airs, La Chanson de Craonne, La Butte rouge ou encore Giroflée Girofla. Parmi ces militants, Norbert, Bisontin et antimilitariste depuis toujours, qui rappelle que "la guerre a été une véritable boucherie". Pour lui : "Le 11 novembre, au moment des commémorations nationales des drapeaux bleu blanc rouge et des fanfares militaires, il est normal de faire entendre la voix de toute une partie du peuple qui a refusé la guerre et n'avait pas demandé à se faire trouer la paillasse". Et de renchérir : "Ils voulaient juste vivre correctement et se sont fait trouer la peau pour des intérêts qui n'étaient pas les leurs. Ils étaient pauvres en rentrant dans la guerre et ceux qui s'en sont sortis étaient tout aussi pauvres."

Ecoutez les chants antimilitaristes entonnés par les militants bisontins

Plus sobre, Nadine, elle, est là pour un grand-père et un grand-oncle "grand blessé de guerre et mort au combat dans la Somme". Pour eux, estime-t-elle, "on ne doit pas avoir que des commémorations militaristes."

Les militants ont rebaptisé la rue Bersot au nom de Lucien Bersot, un jeune bisontin fusillé pour l'exemple en 1915 - Radio France
Les militants ont rebaptisé la rue Bersot au nom de Lucien Bersot, un jeune bisontin fusillé pour l'exemple en 1915 © Radio France - Dimitri Imbert

Un tour de chant débuté rue François-Louis Bersot du nom d'un industriel du XIXème siècle, rue que ces militants ont rebaptisée Lucien Bersot, un jeune poilu bisontin fusillé pour l'exemple en 1915 pour avoir refusé de porter un pantalon pris sur un soldat mort. Car, pour ces militants, ce 11 novembre est une exaltation du nationalisme, qu'ils refusent au nom du peuple. Le cortège s'est ensuite rendu jusqu'au 11 rue Battant devant la plaque du jeune fusillé bisontin qui, pour eux, n'est pas mort pour la France, comme l'indique la plaque, mais bien mort "à cause de la France". Pour rappel, la Grande Guerre a fait près de 19 millions de morts, dont 1,7 million en France.