Insolite

Bientôt de la spiruline, made in Berry

Par Michel Benoît, France Bleu Berry lundi 23 octobre 2017 à 12:28

Marie-Caroline Berton sera la première productrice de spiruline en Berry, une cyanobactérie très appréciée pour ses protéïnes notamment. Elle prolifère dans ce genre de bassin.
Marie-Caroline Berton sera la première productrice de spiruline en Berry, une cyanobactérie très appréciée pour ses protéïnes notamment. Elle prolifère dans ce genre de bassin. © Radio France - Michel Benoit

Une diversification originale pour une exploitation agricole de Vornay, près de Bourges. Ce jeune couple se lance dans la culture de spiruline. Une micro-algue considérée comme un super aliment. La production ne démarrera vraiment que l'année prochaine.

Cet été, ce jeune couple a testé sa technique. Le but est d'assurer un revenu complémentaire sur l'exploitation tout en valorisant de l'énergie liée à un projet de méthanisation qui démarre courant octobre. Pour l'instant, une seule exploitation agricole produit de la spiruline en région Centre Val de Loire. Elle se trouve en Eure et Loir.

La spiruline est commercialisée sous forme de paillettes au prix d'environ 150 euros le kilo. - Radio France
La spiruline est commercialisée sous forme de paillettes au prix d'environ 150 euros le kilo. © Radio France - Michel Benoit

Marie-Caroline Berton va se charger de cette culture. Elle espère produire 300 à 400 kilos de spiruline l'an prochain. La demande est assez importante chez les sportifs mais aussi pour lutter contre la dénutrition des personnes âgées. "C'est ce qu'on appelle un super aliment; car elle apporte énormément de proteines. On lui trouve énormément de vertus. C'est un complément très riche qui contient presque tout à l'exception de vitamine C et d'anti-oxydant" explique Marie-Caroline Berton. La spiruline est souvent présentée comme une micro-algue. En réalité, c'est une cyanobactérie qui peut proliférer dans l'eau, à condition de lui fournir les conditions favorables. "Il faut une eau à 37 °, un ph acide de 10 et il faut la nourrir, tout en brassant l'eau car elle n'aime pas les eaux stagnantes." décrit Marie-Caroline.

Une cyanobactérie du type spiruline, vue au microscope. - Radio France
Une cyanobactérie du type spiruline, vue au microscope. © Radio France - Michel Benoit

Quand l'eau est suffisamment verte, on peut commencer à récolter la spiruline. Il faut d'abord filtrer l'eau. Ensuite, le liquide est pressé pour aboutir à une sorte de pâte à modeler. L'étape suivante sera de la sécher puis de la découper en spaghetti avant d'aboutir à des petites paillettes que l'on trouve dans le commerce. Il suffit de 3 à 5 grammes de spiruline par jour pour renforcer son apport en protéines. Une culture qui demande beaucoup de chaleur. "Dans le sud de la France, il n'y a pas de problème. On peut cultiver la spiruline sous serre, grâce au soleil de mai à septembre, sans problème. C'est plus compliqué en Berry" constate Marie-Caroline Berton. Mais son exploitation dispose d'un atout : la ferme va produire de l'électricité grâce à la méthanisation de déchets agricoles. Pour chauffer les bassins et assécher les pains de spiruline, on recyclera la chaleur dégagée par la co-génératrice d'électricité. Ainsi, rien ne se perd. Marie-Caroline compte bien peaufiner sa technique pour une vraie production à partir de juin prochain. Cet été, la jeune femme a un peu tâtonné pour n'aboutir qu'à un kilo de spiruline. Une expérimentation qui va lui permettre de gagner du temps l'année prochaine, quand l'installation technique sera achevée : "On aura du recul sur les souches à cultiver et on ne refera pas les mêmes erreurs !"