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Brumath : des riverains veulent sauver une maison alsacienne du 18e siècle menacée de destruction

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Des riverains ont lancé une pétition pour sauver cette maison alsacienne remarquable. Elle doit être démolie pour laisser place à un immeuble de onze logements à Brumath. Le maire, Etienne Wolf, se défend en disant que la commune fait de son mieux, mais ne peut pas sauver tout son patrimoine.

Les riverains de Brumath veulent sauver cette maison à colombages menacée d'être rasée
Les riverains de Brumath veulent sauver cette maison à colombages menacée d'être rasée - Document remis

C’est un cas finalement assez classique de maison alsacienne, qui n’a quasiment pas été rénovée pendant des dizaines d’années. La propriétaire nonagénaire part en maison de retraite et la famille tente de vendre, en vain, cette maison à colombages en forme de L, de près de 200 mètres carré, située à Brumath.

Un promoteur immobilier saisit l’occasion pour l’acquérir. Il prévoit sa démolition pour y implanter un immeuble de onze logements.

Une pétition recueille près de 400 signatures

Ce projet a suscité la colère de riverains, qui ont lancé une pétition sur change.org ("Sauvons l’une des plus vieilles maisons à colombages de Brumath", elle a recueilli près de 400 signatures), soutenus par l’association des Amis du patrimoine brumathois. 

"Chaque année à Brumath, il y a en moyenne une maison alsacienne qui est rasée, s’émeut Laurent Buffler, l’un des riverains. Elle est remplacée par un immeuble collectif, qui n’a pas forcément le même cachet qu’une maison traditionnelle et qui s’inscrit dans le patrimoine local". 

Selon l’Architecte des bâtiments de France, contacté par l’Association pour la sauvegarde de la maison alsacienne (ASMA), cette maison à toiture à la Mansart  présenterait "un intérêt urbain, architectural et paysager suffisant pour justifier sa préservation et mise en valeur". 

La commune ne peut pas sauver toutes les maisons alsaciennes, selon le maire

Mais pour le maire de Brumath, Etienne Wolf, l’affaire n’est pas aussi simple. Il n’a d’abord pas apprécié la manière ("Pourquoi commencer par une pétition, plutôt que d’en parler directement au maire ?"). Et puis, il avance que sa commune a déjà fait des efforts pour sauver des maisons alsaciennes, mais qu’elle ne peut pas se permettre financièrement de toutes les racheter et les rénover.

Une rénovation trop onéreuse ?

"Moi aussi je suis Alsacien et je tiens au patrimoine alsacien, explique Etienne Wolf. Mais on essaie de sauvegarder ce qu’on peut sauvegarder. La commune peut restaurer une maison alsacienne, deux, mais peut-être pas plus. C’est l’argent public qu’elle utilise et c’est trop onéreux. Quand vous faites une réhabilitation, c’est grosso modo 700 – 800 euros le mètre carré, pour du neuf, vous êtes à 1.200 – 1.300 euros et quand vous faites de la réhabilitation des maisons alsaciennes, c’est 1.800 euros".

Les responsables de l’Association pour la sauvegarde de la maison alsacienne (ASMA) qui se sont emparés du dossier. "On peut regretter que le PLU (Plan local d’urbanisme) de Brumath ne protège pas assez le patrimoine, contrairement à ce qui s’est fait par exemple dans le cas du Kochersberg, avance Denis Elbel, le vice-président de l’ASMA. On avait déjà eu le même cas avec la maison Greder à Geudertheim, démolie en 2020. Le problème dans ces affaires, c’est que le maire est juge et partie, ça n’est pas normal. Le maire fait le PLU et est ensuite soumis à ses propres règles".

Une solution encore envisageable ?

Les riverains, à l’image de Laurent Buffler, n’excluent pas "une solution juridique. On pourrait faire un recours et contester devant le tribunal administratif le permis de démolition octroyé le 11 mars". 

L’autre solution serait "plus politique".  "C’est de faire comprendre au maire et au promoteur qu’il y a d’autres solutions possibles, explique Laurent Buffler. En face de chez nous, il y a une vieille maison alsacienne, inoccupée pendant trente ans. Le promoteur l’a complétement désossée et est quasiment reparti de zéro. Cette maison, qui était la plus vieille de Brumath, est aujourd’hui en parfaite santé et les propriétaires sont heureux. On a évité une destruction. Donc, conclusion, quand on veut, on peut ».

Près de 300 maisons alsaciennes détruites chaque année selon l'ASMA

L’Association pour la sauvegarde de la maison alsacienne estime qu’environ 300 maisons traditionnelles à colombages sont détruites chaque année dans la région.

"Les maires nous disent que des maisons alsaciennes il y en a partout, s’insurge Denis Elbel. C’est ce qu’on me disait dans les années 70, quand j’ai fait ma coopération en Afrique, à propos des éléphants. Pas la peine de les protéger, il y en a partout. Ce qui était vrai dans les années 70, mais aujourd’hui les éléphants sont en danger. Aujourd’hui, on dit qu’il y a encore plein de maisons alsaciennes. Mais vous savez quelle est la différence entre les maisons alsaciennes et les éléphants ? Et bien, les éléphants font des petits et pas les maisons alsaciennes. C’est quand même inquiétant".

Le maire de Brumath Etienne Wolf n’exclut pas de trouver une solution avec le promoteur et les représentants de l’ASMA. Il affirme qu’il envisage de rencontrer les différents acteurs de ce dossier.  

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