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Insolite

PHOTOS - Charente-Maritime : il restaure bénévolement les tombes

mardi 30 octobre 2018 à 18:11 Par Thomas Coignac, France Bleu La Rochelle

Il s'appelle Richard Twardowskij, habite Chambon dans l'Aunis, et est peintre-décorateur. Et vous avez de bonnes chances de le croiser au cimetière du Cher, dans son village. Parce qu'il a une passion, la restauration de tombes. Activité qu'il exerce bénévolement, comme loisir.

Voilà le geste que M.Richard accomplit toutes les semaines.
Voilà le geste que M.Richard accomplit toutes les semaines. © Radio France - Thomas Coignac

Chambon, France

Les week-ends, certains partent courir en forêt, d'autres vont aux champignons. Pendant ce temps là, Richard Twardowskij, 46 ans, qui préfère qu'on l'appelle "Monsieur Richard", restaure des tombes. 

Ce matin-là, il fait à peine 3 degrés, il est 8 heures du matin. Penché sur une pierre tombale, Monsieur Richard écoute la radio. Comme par hasard, c'est Thriller, de Michael Jackson, qui passe. Avec son fameux clip où des morts-vivants sortent des tombes. 

"Quand j'entends ça, sourit M.Richard, j'ai l'impression qu'ils vont sortir de leurs tombes et danser avec moi". En attendant, Monsieur Richard s'occupe de Fanny, décédée en 1904. 

La pierre tombale devient plus nette.... - Radio France
La pierre tombale devient plus nette.... © Radio France - Thomas Coignac

Patiemment, il passe à la peinture noire les lettres de sa pierre tombale, qui se sont effacées avec le temps. Des lettres qu'il a auparavant gratté, pour les faire ressortir. "Et après, je m'occuperai de son mari, juste à côté. Sinon, il va être jaloux". 

... et la différence entre la tombe restaurée et l'autre est flagrante. - Radio France
... et la différence entre la tombe restaurée et l'autre est flagrante. © Radio France - Thomas Coignac

Avant de s'occuper de ces deux défunts, Monsieur Richard a contacté leurs héritiers, qui habitent toujours au Cher, pour vérifier s'ils étaient d'accord. "La première chose qu'ils m'ont demandé, c'est combien cela allait leur coûter, parce qu'il n'avaient pas envie d'investir de l'argent, se souvient-il. Mais je leur ai dit que c'était gratuit, que je faisais ça comme une passion". 

Un voyage en Italie comme déclencheur

Une passion qui a séduit Monsieur Richard il y a deux ans. A l'époque, il se rend en Italie, dans le village d'origine de sa mère, à côté de Parme. Alors qu'il assiste à une messe en italien, ses yeux se perdent sur le plafond de l'église. Et il découvre le nom de son arrière-grand-père, Bartolomeo. Après quelques recherches, il découvre que son aïeul, était, comme lui, peintre décorateur. Et qu'il restaurait bénévolement des églises. Et, comble de l'ironie, que la maison de vacances qu'il a loué était celle de ce même arrière-grand-père. 

Alors, il décide de reprendre le flambeau, en restaurant à neuf des pierres tombales. Et il commence par le monument aux morts de ce village italien, Credarola, sur lequel il trouve le nom de son grand-père. "Les habitants étaient ravis, ils m'apportaient des bouts de pizzas, du café... Il y a même Piero qui est venu jouer de la mandoline à côté de moi. C'était fabuleux."

M.Richard restaure le monument au morts du village. - Aucun(e)
M.Richard restaure le monument au morts du village. - Richard Twardowskij

Objectif 10 tombes par an 

Alors, depuis, M.Richard s'est fixé un objectif, restaurer une dizaine de tombes par an. Au cimetière du Cher, outre les tombes de Fanny et son mari, il s'est attaqué à la tombe la plus impressionnante du cimetière. Celle d'un militaire, Eugène Maingault, décédé en 1906, comme les 15 autres membres de l'équipage du Lutin, un sous-marin français qui avait sombré au large de la Tunisie.

Là, M.Richard n'a pas identifié de famille restante dans la région, alors, il a pris l'initiative, pour garder une trace de cette catastrophe dans le cimetière du Cher. "J'ai regardé sur Google, pour me renseigner sur le Lutin. Et puis, j'ai attaqué la restauration". Résultat, une stèle littéralement transformée. 

La stèle d'Eugène Maingault, dans le cimetière du Cher. - Radio France
La stèle d'Eugène Maingault, dans le cimetière du Cher. © Radio France - Thomas Coignac

Et il ne compte pas s'arrêter là. M.Richard a déjà fait ses repérages, sur d'autres tombes du cimetière du Cher. Il a aussi un projet, dans un cimetière de Saint-Savinien, dans le Sud du Département. Et puis, la prochaine fois qu'il partira en vacances, ce sera avec son matériel de restauration. Comme il l'a déjà fait en Italie et en Grèce. Là-bas aussi, il pratique sa passion. Même s'il avoue ne pas toujours comprendre le sens des mots, sur les tombes qu'il embellit.