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Insolite

Fabriquée en 1785, une harpe classée va être restaurée en Côte-d’Or

dimanche 14 avril 2019 à 18:03 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Redonner tout son lustre à une harpe du XVIIIe siècle, c'est l'objectif d'une habitante de Change, en Saône-et-Loire, près de Nolay. L’instrument, classé au titre des monuments historiques, va être confié à un facteur de harpes de Montigny-sur-Vingeanne.

Anne-Marie de Maigret n'a pas su tout de suite l'importance patrimoniale de sa harpe
Anne-Marie de Maigret n'a pas su tout de suite l'importance patrimoniale de sa harpe © Radio France - Jacky Page

Côte-d'Or, France

C'est en 1972 à Paris, dans le quartier des halles, qu'Anne-Marie de Maigret est tombée sous le charme d’une belle harpe ancienne, qu’elle a achetée sans rien connaître de son histoire. Ce n'est que bien plus tard qu'un spécialiste intrigué a démonté un panneau de bois, et trouvé la signature du luthier Jean-Henri Naderman, avec une date, 1785. Cet artisan renommé, originaire de Fribourg, en Westphalie en Allemagne, s’était installé à Paris en 1764. Il avait travaillé pour la reine Marie-Antoinette. 

L’instrument a été authentifié par Thierry Maniguet, conservateur à la Cité de la musique-philharmonie de Paris, puis André Strasberg, conservateur des antiquités et objets d’art de Saône-et-Loire, a initié le dossier d’inscription au titre des monuments historiques. Une inscription enregistrée en 2008.

Une restauration délicate

Anne-Marie de Maigret a décidé que sa harpe méritait bien mieux que le sort d’un bel objet décoratif dans son salon. Elle a donc entrepris de la faire restaurer. Une tâche confiée à Matthias Desmyter, un jeune facteur de harpes installé en Côte-d’Or, à Montigny-sur-Vingeanne, ravi de pouvoir travailler sur un instrument aussi ancien : « les rares fois où j’ai eu l’occasion d’en voir, c’était dans des musées. Il y a d'une part le défi technique de bien réaliser la restauration, et puis c’est une belle occasion à saisir parce que c’est un bel instrument historique. Ça fait une carte de visite ».

Détail du haut de la colonne, et de la console - Radio France
Détail du haut de la colonne, et de la console © Radio France - Jacky Page

Parmi les défis à relever, il faudra notamment renforcer la console, la partie supérieure où sont tendues les 40 cordes, avec une tension importante : « je vais devoir retirer la mécanique, et creuser une gorge pour y mettre un renfort en matériaux composites, qui supportera une partie de la tension. Sur un instrument comme celui-là, on est facilement sur 500-600 kilos de tension». Il sera nécessaire également de remplacer les cordes en nylon actuelles par des cordes en boyau, plus conformes à la sonorité d’origine.

Plus de 500 kilos de tension. Les 40 cordes tendues mettent l'instrument à rude épreuve. - Radio France
Plus de 500 kilos de tension. Les 40 cordes tendues mettent l'instrument à rude épreuve. © Radio France - Jacky Page

Un financement participatif en ligne

Cette restauration a un coût non négligeable : 10.000 euros, financés en partie par une subvention de 3919 euros, le reste par un financement participatif lancé jusqu’au 24 avril sur le site DARTAGNANS, spécialisé dans le soutien à la préservation du patrimoine. L’idée a bien plu à Anne-Marie de Maigret : « j’ai beaucoup aimé l’idée, parce que ça permettait de faire connaître, et à la fois de faire rentrer des gens très différents dans le projet, de faire vraiment une sorte de famille autour de ce projet ».

En fonction de la somme versée, les contributeurs se voient attribuer en contrepartie une photo de la harpe, une conférence sur la musique au temps de la Révolution, des places pour le concert inaugural, la visite du château de Germolles, ou encore un séjour dans un gîte appartenant à Anne-Marie de Maigret.

Pourquoi pas des concerts, en priorité en Bourgogne ?

Lorsque la restauration de la harpe sera achevée, à la fin de l’année, si sa sonorité convient, sa propriétaire souhaite qu'on puisse l'entendre dans des concerts en Bourgogne, sur des partitions composées à la fin du XVIIIe et au début du XIXe. « Si elle a l’approbation des harpistes professionnels de talent, elle fera certainement d’abord un tour de Bourgogne, parce que nous avons des châteaux, nous avons des églises, des lieux extraordinaires pour faire résonner un tel instrument ».

Une partition, composée et éditée par l'un des fils du luthier Naderman - Radio France
Une partition, composée et éditée par l'un des fils du luthier Naderman © Radio France - Jacky Page

Anne-Marie de Maigret aimerait aussi que sa harpe puisse être présentée à des jeunes dans les conservatoires de musique. Elle souhaite que l’instrument conçu par le luthier de la reine Marie-Antoinette puisse rester en France, et voudrait le savoir un jour dans un musée. Elle a prévu un legs en faveur de la Cité de la Musique.