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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : une fausse lettre de Madame de Sévigné circule sur les réseaux sociaux

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Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

Elle circule par mail et sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours, une lettre de Madame de Sévigné, écrite à sa fille en 1687. Elle y parle d'un confinement à Paris et de masques... Cette étrange référence au Covid-19 n'est qu'un pastiche. Mais bien des internautes n'y ont vu que du feu.

A Grignan, la statue de Madame de Sévigné recouverte d'un masque
A Grignan, la statue de Madame de Sévigné recouverte d'un masque © Radio France - Claire Leys

"Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris ! Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements", à en croire les réseaux sociaux, voilà les premiers mots d'une lettre écrite par Madame de Sévigné en avril 1687, à sa fille Françoise. Les internautes sont nombreux à partager ce texte. 

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La lettre évoque un "confinement" et l'apparition d'une cruelle épidémie, semblable à l'actuelle crise du Covid-19. D'où l'agitation des internautes et les centaines de partages. Sauf qu'en examinant la lettre de plus près, plusieurs incohérences historiques prouvent que Madame de Sévigné n'a jamais rédigé un tel écrit.

La fausse lettre de Madame de Sévigné
La fausse lettre de Madame de Sévigné

Première incohérence : la date. Le 30 avril 1687 était un mercredi, et non un jeudi comme mentionné dans la lettre. Par ailleurs, Madame de Sévigné parle du cardinal Mazarin, "or il est mort 26 ans plus tôt, en 1661, sa présence est donc impossible, indique Laurence Arnaud, médiatrice culturelle au Château de Grignan, où la marquise est morte et enterrée. Quant à l'intendant François Vatel, mentionné lui aussi, il est décédé en 1671." 

Laurence Arnaud a reçu de nombreux exemplaires de cette fausse lettre sur sa boîte mail, ces derniers jours. Dès la première lecture, la spécialiste n'y a pas cru. Mais pour en avoir le cœur net, elle a vérifié dans les trois ouvrages de la Pléiade qui recensent les correspondances de Madame de Sévigné. "Aucune lettre semblable n'y figure", affirme la médiatrice. 

Dans cet écrit, il est également question de Corneille et de sa pièce Le Menteur. "Madame de Sévigné présente cette oeuvre comme une nouveauté, pourtant la pièce date de 1644. Ce n'est pas vraisemblable", commente Fadi El Hage, docteur en histoire et professeur au lycée en Seine-Saint-Denis.

Le mot "confinement" existait-il en 1687 ?

Madame de Sévigné dit être confinée dans ses appartements. Selon Fadi El Hage, le mot "confinement" existait bien au XVIe siècle, mais il était utilisé pour faire référence à des situations juridiques, "comme le confinement d'un prisonnier par exemple". Il était donc question à l'époque d'isolement lié à une condamnation, et non d'un confinement sanitaire.

La marquise et les masques FFP2 

"Je vous envoie deux drôles de masques, c’est la grand'mode. Tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer", conclut notre Madame de Sévigné imaginaire. Là encore, l'auteur caché laisse deviner la supercherie. "A l'époque, les masques étaient à la mode, mais ils se portaient uniquement autour des yeux, pour se protéger du soleil ou conserver l'anonymat dans la rue", explique Laurence Arnaud.  Sur Twitter, certains propagent le mythe, photos à l'appui.

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L'origine de cette fausse lettre est difficile à retracer, car différentes versions circulent sur les réseaux sociaux, Whatsapp et par mail. Sur le site Baskulture, un certain Jean-Marc Banquet d’Orx est cité comme l'auteur du pastiche. Il aurait tout simplement voulu faire une blague, un "poisson du 1er mai"

Les fausses lettres coquines de la marquise 

Ce n'est en tout cas pas la première fois que Madame de Sévigné est victime de ce genre de farce. "Déjà dans les années 1920-1930, des étudiants s'étaient amusés à imiter son style pour écrire des lettres coquines en son nom", raconte Laurence Arnaud du Château de Grignan. Des blagues qui perdurent dans le temps. "Encore aujourd'hui, des visiteurs me parlent des écrits olé olé de Madame de Sévigné... Alors qu'ils n'ont jamais existé !"

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