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Dans le carnaval basque, les kaskarot c'est que pour les garçons, à Ustaritz

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C'est le seul village labourdin à pratiquer l'exclusivité masculine pour le rôle du kaskarot. Une éviction des femmes justifiée par la tradition

Les kaskarot d'Ustaritz en 2010.
Les kaskarot d'Ustaritz en 2010. - Institut Culturel Basque

Peut-on justifier une exclusion par la tradition ? La question peut se poser, en ces temps de carnavals. C'est en tout cas le choix du groupe de danses Izartxo à Ustaritz qui vient de fêter ses 50 ans. Ils ont notamment fait renaître les kaskarot. Ces danseurs costumés de blanc et de pointes de couleurs avec grelots et bérets rouges.

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Aujourd'hui, la mixité l'emporte partout dans les danses basques. On trouve des danseuses dans tous les kaskarot du Labourd, mais Ustaritz fait de la résistance. Sur place, les danseurs et les danseuses n'y trouvent rien à redire. On n'est pas à Irun ou à Fontarrabie avec la querelle de l'Alarde...  

Discrimination au nom de la tradition ?

Les rôles de danseurs réservés exclusivement aux hommes ou aux femmes, ce mode de répartition, cette assignation selon les genres a bien tendance à disparaître. Les mutxiko, les sauts basques -comme leur nom l'indique- étaient réservés aux hommes. Aujourd'hui, dans n'importe quelle fête populaire, vous constaterez que les danseuses sont largement majoritaires.

Pour le carnaval labourdin, Ustaritz est la seule commune à maintenir l'exclusivité masculine pour les kaskarot -à l'origine des jeunes célibataires, costumés, qui dansent et font la quête de maisons en maisons. A la fin des années 70, Claude Iruretagoyena et Thierry Truffaut créent un costume spécifique pour les danseuses kaskarot à Briscous. 

Une progression de la mixité qui s'explique moins par des avancées égalitaires que par le manque de combattants. A Hasparren par exemple, au début des années 2000 les garçons n'étant plus assez nombreux, on a fait appel aux filles ; ce qui aurait provoqué le départ de puristes. Le problème, c'est que les tradition, ça s'invente, ça évolue...  Du coup, difficile de justifier au nom d'une tradition, une discrimination. Ce n'est en tout cas pas du meilleur effet lorsque l'on prétend à être inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité auprès de l'UNESCO, démarche engagée en 2011.

Nous faisons les fêtes de carnaval autant que les garçons ! Nous créons nos propres danses, nous créons nos propres traditions, et parfois que pour les danseuses, mais là aussi on pourrait nous dire 'et pourquoi que les filles?'" (Maite Goyenetche, danseuse d'Izartxo)

Pour autant, les danseuses d'Ustaritz ne le vivent pas ainsi. Pour Maite Goyenetche ce n'est pas un souci : "pourquoi pas après tout". "Nous faisons les fêtes de carnaval autant que les garçons ! Nous créons nos propres danses, nous créons nos propres traditions, et parfois que pour les danseuses, mais là aussi on pourrait nous dire 'et pourquoi que les filles?'"

L'anthropologue et spécialiste du carnaval (basque en particulier) Thierry Truffaut plaide pour une intégration spécifique des femmes dans les danses carnavalesques, en inventant, pourquoi pas, des danses spécifiques. Pas une confusion des genres. Thierry Truffaut  (lire ci-dessous la fiche qu'il a réalisée pour l'Institut Culturel Basque) rappelle au passage le rôle de l'église pour évincer les femmes de ce genre de pratiques au XIXe siècle. La danse leur était tout simplement interdite. Aujourd'hui, les interdits ne se font plus au nom de Dieu.

La pratique du carnaval a pratiquement disparu en Labourd après guerre. La tradition renaît, renouvelée, dans les années 70, comme le montre le reportage ci-dessous à Briscous. Dans leur renaissance, les kaskarot sont d'emblée mixtes. 

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