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Déguisé en gendarme, il annonce le couvre-feu dans un village du Finistère

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Par , France Bleu Breizh Izel, France Bleu

C'est devenu un rituel à Lampaul-Plouarzel (Finistère). Chaque soir ou presque, un comédien déguisé en gendarme sillonne le bourg à vélo pour annoncer l'imminence du couvre-feu. Une joyeuse déambulation qui vise à dénoncer par l'absurde les privations de libertés engendrées par la pandémie.

Le comédien Eric Hervé ne passe pas inaperçu le soir dans les rues de Lampaul-Plouarzel.
Le comédien Eric Hervé ne passe pas inaperçu le soir dans les rues de Lampaul-Plouarzel. © Radio France - Nicolas Olivier

"Ça va être tout noir !" Cette phrase, tirée du film "RRRrrrr !!!" d'Alain Chabat, Eric Hervé la scande en boucle tous les soirs dans son mégaphone. Et comme dans le film, on lui répond..."Ta gueule !" Grimé en gendarme, ce comédien de 46 ans qui a vu toutes ses activités annulées par la crise sanitaire, enfourche chaque soir son vélo à 17h30 et arpente les rues de Lampaul-Plouarzel pour rappeler le couvre-feu. Une performance dont le message contestataire est assumé.

Y'en a marre de ces décisions parisiennes

Lorsque le couvre-feu a commencé, le 16 janvier, "ça m'a énervé qu'on nous limite encore des libertés, explique l'intermittent du spectacle.  Pendant le premier confinement, on n'avait pas le droit d'aller en bord de mer alors que c'est quelque chose qui est dans notre quotidien. Donc oui c'est pour dire que y'en a marre de ces décisions parisiennes qui nous imposent des choses qui n'ont pas lieu d'être ici, au fin fond du Finistère."

Ambiance de carnaval

Au début, son petit numéro de crieur public suscite quelques incompréhensions voire de la méfiance. Mais rapidement, le petit bourg côtier de 2100 habitants ne cause que de ça. "Les réponses ont augmenté de jour en jour. Et maintenant, dans certains quartiers les gens m'attendent. C'est que du bonheur, et ça fait du bien." Seul au départ, le trublion se retrouve désormais régulièrement entouré d'une nuée d'enfants, d'ados et d'habitants eux-même déguisés, dans une ambiance de carnaval. "Ici, les gens aiment bien se voir. Il y a une culture de la rencontre dans les bars. Forcément, ça n'existe plus, et on voit bien que ça manque, parce que c'est la rencontre avec l'autre."

Contacté par la gendarmerie de Saint-Renan qui a eu vent de son initiative, Eric Hervé a dû modifier légèrement sa tenue pour ne pas risquer d'être confondu avec la vraie maréchaussée. Qu'importe, le comédien ne compte pas s'enfermer trop longtemps dans ce personnage. Il a installé dernièrement une "boîte du crieur" pour recueillir des messages des habitants, qu'il lira ce jeudi matin sur le marché du village.

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Au fil des jours, Eric a réussi à fédérer des dizaines d'habitants jeunes et moins jeunes qui l'accompagnent dans sa déambulation.
Au fil des jours, Eric a réussi à fédérer des dizaines d'habitants jeunes et moins jeunes qui l'accompagnent dans sa déambulation. © Radio France - Nicolas Olivier
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