Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Insolite

Deux semaines de raid en véhicules électriques jusqu'au cercle polaire pour quatre équipages

mercredi 13 février 2019 à 3:01 Par Morgane Heuclin-Reffait, France Bleu Maine et France Bleu

Pour la deuxième édition de la Green Expedition, organisée par le Sarthois Bruno Ricordeau, quatre équipages rejoignent le Cap Nord, en Norvège, depuis Paris. Un défi humain, technique et écologique.

La Green Expedition a fait étape par l'abbaye de l'Epau au Mans, à la veille du départ du raid à Paris le 11 février
La Green Expedition a fait étape par l'abbaye de l'Epau au Mans, à la veille du départ du raid à Paris le 11 février - Bruno Ricordeau

Sarthe, France

5.000 kilomètres en deux semaines, par des températures avoisinant les -20 degrés sur la fin du parcours : un tel raid, qui plus est en voitures et moto électriques, relève du pari. Quatre équipages se sont pourtant élancés le 11 février dans cette Green Expedition organisée par Atypic Travel, dont deux Sarthois à bord de la moto, ainsi qu'une équipe Télématin composée du présentateur Laurent Bignolas et d'Eric Loizeau, navigateur et alpiniste.

Gérer l'autonomie des véhicules

"C'est une découverte et une nouveauté complète pour nous !", lance le Sarthois Sébastien Sohier. Avec son copilote Sacha Cerveira, formateur moto, c'est la première fois qu'ils conduisent un véhicule électrique. "On a cette contrainte à gérer, maintenant il n'y a plus qu'à assurer !", renchérit ce dernier. Pour préserver l'autonomie des batteries, impossible de rouler trop vite ou de faire de puissantes accélérations. "La technologie est prête aujourd'hui, mais il faut chercher la performance dans l'éco-conduite", précise Bruno Ricordeau, directeur d'Atypic Travel, basé à Sillé-le-Guillaume.

Par -20 degrés, la batterie d'une voiture qui se recharge normalement en deux heures peut en mettre 12 !"

Les températures polaires sont de ce point de vue un vrai challenge : _"_la durée de vie de la batterie à la base est déjà réduite de 30% au démarrage, les vitesses de recharge peuvent être multipliées par six ! Donc il faut savoir rouler doucement pour chauffer la batterie", explique Bruno Ricordeau. D'où la devise informelle de la Green Expedition : "Drive slowly, arrive quickly". "Si un équipage va trop vite, il devra s'arrêter pour recharger, c'est contre-productif", précise-t-il.

La France mal dotée en bornes de recharge

Les véhicules électriques engagés dans le raid peuvent faire 250 kilomètres sans recharge dans des conditions optimales. "Près du Cap Nord, en Norvège, on a une étape de 180 kilomètres qui s'annonce ardue", indique Bruno Ricordeau. Pourtant, c'est bien la partie française de l'expédition qui pourrait poser le plus de problèmes :

Pour sortir de France et aller jusqu'à Copenhague, on a quatre étapes compliquées car le maillage de bornes de recharge n'est pas bien fait !"

En Norvège, le secteur de l'automobile comme les autorités se sont déjà adaptés au développement de l'électrique. Les organisateurs ont déjà repéré des maisons disposant de bornes, y compris dans le nord du pays. En comparaison, la France ou l'Allemagne permettent difficilement de faire de longs trajets, encore moins sans sortir des axes principaux.

"L'objectif, c'est de faire prendre conscience que les véhicules électriques sont déjà assez performants pour faire de grandes distances, lance Bruno Ricordeau. _Si on fait 5.000 kilomètres comme ça, c'est qu'on peut faire beaucoup mieux en France et sortir ces véhicules de leur usage urbain !_".

Voyage en terre des Samis

Au-delà du défi technique, c'est aussi l'aventure humaine qui a motivé chacun des équipages. "Je n'ai jamais passé deux semaines à moto, encore moins dans le froid !", indique Sébastien Sohier. Mais il l'assure : il n'aura aucun mal à s'y faire et à respecter les règles d'éco-conduite dans les paysages enneigés de Norvège : "dans les fjords, on va ralentir pour bien en profiter ! C'est pas grave si on roule doucement, on économisera de la batterie comme ça !", plaisante-t-il.

On va pouvoir s'en mettre plein les yeux !"

"Quand on va passer le cercle arctique, on sera entourés de troupeaux de rennes sauvages, la voiture avancera presque toute seule et sans bruit sur la glace, dans des paysages incroyables", s'enthousiasme Bruno Ricordeau. En arrivant au Cap Nord, point d'orgue de l'expédition, les équipages vont passer un peu de temps au côté du peuple des Samis, éleveurs de Rennes, avant de rentrer en France

Pour suivre en direct le périple des quatre équipages, cliquez ici.