Insolite

Dijon veut devenir la première "Smart City" de France

Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne lundi 20 mars 2017 à 22:23

La ville de Dijon sera d'ici quelques mois une ville hyper connectée
La ville de Dijon sera d'ici quelques mois une ville hyper connectée © Radio France - Thomas Nougaillon

La ville de Dijon souhaite devenir la première "Smart City". Comprenez la première ville connectée de France. Cela signifie très concrètement que tout ce qui se trouve sur l'espace public devra être assemblé et géré de manière centralisée.

Cela concerne aussi bien la vidéo protection, les feux tricolores ou encore les bornes qui permettent de réglementer l'accès des véhicules dans les rues de l'hyper centre-ville... Tout un tas de capteurs doivent être installés. Un projet qui va prendre la forme d'une délégation de service public et dont le contrat porte sur 100 millions d'euros sur 12 ans. Un appel d'offres a été lancé. Et plusieurs grands groupes comme Bouygues, Vinci, Eiffage ou encore Engie -très intéressés- auraient ainsi déposés un dossier de candidature.

Le but : réaliser des millions d'euros d'économies chaque année

Le but à terme serait de réaliser des dizaines de millions d'euros d'économies chaque année, François Rebsamen, maire PS de la ville "Dijon veut être la première ville Smart City, c'est à dire la première ville connectée de France, donc l'appel d'offres a été lancé, on en attend le retour d'ici la fin du mois".

L'exemple spectaculaire du luminaire urbain

Parmi les changements très spectaculaires qui nous attendent -mais ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres- la gestion de l'éclairage public qui fait parti lui aussi de ce projet d'hyper connection. "Dedans bien sûr il y a une gestion centralisée de l'éclairage public à des fins d'autonomie, d'économies et aussi d'efficacité".

Dijon, la place Darcy ce lundi 20 mars 2017 - Radio France
Dijon, la place Darcy ce lundi 20 mars 2017 © Radio France - Thomas Nougaillon

Selon le maire de Dijon cela prendrait même des aspects très futuristes "c'est à dire qu'on n'a peut être pas besoin -je vais donner un exemple- de la même intensité lumineuse à telle heure du jour ou de la nuit suivant qu'il y ait quelqu'un qui marche ou qui ne marche pas (dans une rue ndlr.) donc c'est une gestion intelligente de tout l'éclairage public urbain". C'est ainsi que plusieurs millions d'euros pourraient être économisés chaque année sur l'éclairage public.

Beaucoup plus que la lumière

Mais le projet va beaucoup plus loin que l'installation de lampadaires connectés équipés de leds croit savoir Laurent Bourguignat conseiller municipal "Les Républicains" puisque "ça s'inscrit dans ce que l'on appelle la gestion centralisée de l'espace public, c'est à dire que l'on va confier à une entreprise privée à la fois les bornes d'accès au centre-ville, la vidéo protection, les luminaires de Dijon etc. Moi je ne suis pas contre ce que l'on appelle la "Smart City" mais par contre je trouve que cela manque de transparence dans la manière dont c'est mis en place à Dijon..."

La rue de la Liberté, héritage de l'histoire de Dijon va elle aussi entrer de plein pied dans le XXIe siècle! - Radio France
La rue de la Liberté, héritage de l'histoire de Dijon va elle aussi entrer de plein pied dans le XXIe siècle! © Radio France - Thomas Nougaillon

La vidéo protection: un problème pour Laurent Bourguignat

Laurent Bourguignat qui craint par exemple une "privatisation" de la vidéo protection "moi je suis très attaché au fait que ce ne soit pas une société privée qui observe les images de vidéo protection mais bien des policiers municipaux parce qu'on parle bien d'une fonction régalienne de la ville qui ne doit pas être déléguée". Selon lui "c'est la même société qui gérera le futur centre de contrôle unique qui centralisera toute les fonctions connectées de la ville".

Un poste de commandement d'ici à 2018

Parmi les nombreuses nouveautés offertes par ce projet -par exemple- la possibilité de prendre à distance le contrôle des feux de signalisation pour permettre aux services de secours d'intervenir plus rapidement... Le vainqueur de cet appel d'offres devrait bénéficier d'un contrat de 12 ans pour concevoir et exploiter ce centre de gestion à distance de l'espace public. La métropole du Grand Dijon se serait fixé juin 2018 comme horizon pour faire sortir de terre son poste de commandement centralisé.

Les grands groupes se disputent ce projet

Si plusieurs villes françaises planchent sur des projets un peu similaires. Comme Paris, Grenoble ou encore Lyon. Les projets en cours seraient moins vastes, moins ambitieux que le projet Dijonnais. D'où la compétition entre plusieurs grands groupes Français qui se sont positionnés pour se disputer ce qui serait une grande première en France.

Reportage