Insolite

Dordogne : une maison de retraite pour chevaux

Par Caroline Pomès, France Bleu Périgord et France Bleu mercredi 31 août 2016 à 20:23

Roland Phillips récupère des chevaux de la police montée anglaise depuis huit ans
Roland Phillips récupère des chevaux de la police montée anglaise depuis huit ans © Radio France - Caroline Pomès

C'est une maison de retraite un peu spéciale à Saint-Pancrace près de Brantôme. Un couple d'Anglais reçoit en pension des chevaux blessés de la police montée britannique.

C'est un pari fou. Il y a 8 ans, ce couple d'Anglais, Alison et Roland Phillips s'installe en France, à Saint-Pancrace, près de Brantôme. Et dans leurs valises, une idée : créer une maison de retraite pour chevaux. Deux ans plus tard, les premiers arrivent. Aujourd'hui, ils ont 22 chevaux et poneys en pension. Et parmi eux, 11 sont des anciens serviteurs de la Reine Elisabeth II.

Johnny, Eden, Lewis... tous ces chevaux ont été montés toute leur vie par des policiers de la garde montée britannique jusqu'au jour où, trop vieux, ou blessés sur le terrain, ils ont dû prendre leur retraite.

Gallipoli a servi des années dans la police londonienne avant d'être blessé au dos dans les émeutes de 2011 - Radio France
Gallipoli a servi des années dans la police londonienne avant d'être blessé au dos dans les émeutes de 2011 © Radio France - Caroline Pomès

Normalement, ces chevaux partent directement à l'abattoir. Mais en 1976, la mère de Roland décide de créer un endroit pour qu'ils puissent finir leur vie dans le calme. La première maison de retraite pour chevaux de la police naît donc à Devos, en Angleterre.

"Quand sa mère a été trop malade, on a dû s'occuper des chevaux", raconte Alison, qui n'avait pas forcément de passion pour les chevaux, à l'époque. Aujourd'hui, elle les bichonne, leur fait des câlins tous les jours. Ils achètent un terrain en France parce que l'Angleterre c'est trop cher. " Tant mieux, l'air est meilleur pour eux ici ! ".

Son mari, Roland connait ses bêtes par cœur. Ils racontent leurs histoires d'ailleurs deux fois par semaine pendant les visites guidées.

"Johnson a été blessé à la cheville arrière pendant les émeutes de Londres en 2011" - Roland

Le couple a instauré d'ailleurs ses portes ouvertes pour financer leur projet. " Nous ne recevons aucune aide du gouvernement britannique ", déplore Roland. Au fur et à mesure des années, il a créé un réseau de bénévoles autour de lui. Des voisins lui prêtent un champ. Ses petites filles qui vivent en France lui donnent des coups de main. Des amies leur servent de traducteurs puisque le couple ne parle pas du tout français.

Mais peu importe la langue de la visite, les yeux pétillants de cet ancien inspecteur de police montrent bien qu'il aime ses bêtes. Et vu que les chevaux se portent bien aujourd'hui il a instauré un rituel. A chaque visite, les touristes sont invités à regarder deux vidéos : une qui montre que depuis des millénaires, l'homme se sert du cheval pour la guerre, le transport et l'affection. Une deuxième, elle, montre les chevaux de cette maison de retraite sur le terrain, en pleine émeutes. " C'est malheureux mais il faut montrer ces images pour que les gens comprennent. "

" Les chevaux arrivent ici traumatisés, ils ont peur du bruit, des gens. Certains n'ont jamais senti l'herbe sous leurs sabots" - Roland

Même si à chaque cheval, il dépense 550 euros de transport, Roland ne pourra jamais dire non si on lui demande d'en prendre un à nouveau.

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