Insolite

En Chartreuse : boucher ambulant vend viande locale

Par Alexandre Berthaud, France Bleu Isère jeudi 18 août 2016 à 6:30

Joséphine, en pleine hésitation devant l'alléchante viande iséroise.
Joséphine, en pleine hésitation devant l'alléchante viande iséroise. © Radio France

Les parents de Cyril Brunier exploitent la dernière ferme du village de Corenc (Isère). Ils sont éleveurs ovins. Fatigué de vendre les bêtes à bas prix, le fils a décidé d'ouvrir une boucherie ambulante pour écouler la viande à un prix raisonnable pour les éleveurs. Il teste le(s) marché(s) cet été.

Sur la place du village, à l'ombre d'un parasol, un vendeur ambulant. Pas de glaces ou de friandises, ce serait pourtant de saison, mais plutôt de la viande. De la viande venue d'Isère, caractéristique chère à Cyril Brunier. Ce dernier, à 19 ans, sillonne les villages de Chartreuse du jeudi au dimanche et promène son étal itinérant avec un but précis : sauver la ferme familiale.

Sur la place du village au Sappey-en-Chartreuse, la vente au soleil ! - Radio France
Sur la place du village au Sappey-en-Chartreuse, la vente au soleil ! © Radio France

À Corenc (Isère), il ne reste qu'une ferme. Celle des Brunier, construite par le grand-père, exploitée par le père - il élève des ovins - et, il l'espère, sauvée par le fils. Titulaire d'un CAP boucherie, Cyril a travaillé "chez des patrons" et à l'abattoir. Avant de se faire licencier, "premier arrivé, dernier parti", explique-t-il sans rancune. Ce travail, il l'aimait bien, mais le licenciement fût le déclic.

Depuis plusieurs années, le prix de la viande baisse et les parents de Cyril ont du mal à supporter le poids de leur exploitation. "On vend la viande, de belles bêtes, et on en tire à peine le prix qu'elles nous coûtent. Ça fait mal au cœur", se désole le jeune homme. Il fallait agir et le projet est tombé sous le sens. Vendre la viande directement au client, sans passer par des intermédiaires.

Pourquoi Cyril a-t-il eu cette idée ?

Cyril prend son étal à deux mains, et le projet devient réalité. Mais avant de vendre la viande familiale en septembre, il teste le marché et sa popularité, en écoulant de la marchandise iséroise achetée à d'autres producteurs. Il profite de l'occasion pour dynamiser la montagne, aller dans les villages sans boutique, redonner de la proximité au commerce local.

Et les clients sont au rendez-vous, même si le mois d'août est calme. Ceux venus découvrir la boucherie ambulante au Sappey-en-Chartreuse sont ravis. "Un producteur local c'est toujours agréable", "ça fait plaisir de ne pas avoir à descendre jusqu'à Grenoble", "si je peux éviter les grands supermarchés..", peut-on entendre sur la place du village, devant le stand. Cyril espère bien sûr pérenniser la chose et vendre SA viande, celle de sa famille, en septembre.

Notre reportage avec Cyril Brunier, le boucher ambulant.