Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Insolite

En colocation à Metz, ou comment vivre à 17 sans s’étriper

lundi 17 août 2015 à 12:19 Par Armêl Balogog, France Bleu Lorraine Nord

Certains vivent seuls, d’autres à quatre ou cinq, et d’autres carrément à dix-sept. Ils sont étudiants ou jeunes travailleurs, femmes ou hommes. Nous avons passé une soirée dans cette géante colocation, créée en janvier 2015 dans un hôtel particulier, place Saint-Louis, dans le centre de Metz.

Colocation 17 Metz
Colocation 17 Metz © Radio France - Armêl Balogog

Ils vivent à dix-sept dans le « Secret story » messin , disent-ils d’un sourire gêné. Leurs secrets, on ne les connaîtra pas tous. Les amourettes sont soigneusement cachées dans les dix-sept chambres. Mais les colocataires ont bien voulu nous ouvrir les portes de leur grand appartement et nous raconter comment ils sont arrivés là.

« J’étais trop seule »

Pendant quatre ans, Guylaine a vécu seule dans un studio. « J’étais un peu trop seule. J'avais envie de vivre en communauté. » Après une licence en Langues étrangères appliquées et une première année de maîtrise, comme 12% des étudiants français , elle décide de s’installer dans une colocation. En décembre 2014, elle jette son dévolu sur une nouvelle colocation qui va se former place Saint-Louis dans un hôtel particulier construit dans deux immeubles anciens : 450 mètres carrés, quatre étages, deux escaliers, dix-sept chambres, cinq salles de bains, quatre toilettes, quatre réfrigérateurs… Elle rencontre le propriétaire, fait une visite et c’est le « coup de cœur » . Huit mois après, Guylaine est la plus ancienne de la colocation.

Coloc 17 ENRO

Pour l’instant, ça tourne beaucoup. Les locataires changent régulièrement. Pendant l’été, certains ne sont venus qu’un mois ou deux pendant leur stage de fin d’étude. Ils ne sont pas du coin et ne connaissent personne en Moselle, alors vivre à dix-sept, c’est comme faire une bonne récolte amicale . C’est le cas d’Aurélia. Elle étudie la finance à Bordeaux et elle fait un stage d’un an au Luxembourg. « J’avoue que je n’aime pas vivre seule. Quand on est seul, on peut avoir le blues. On a le temps de penser à sa solitude. »

Mathias est étudiant en management. Lui vient de Bretagne. Il est arrivé à Metz en septembre 2014 pour sa première année de maitrise. « J’ai fait 1.000 kilomètres pour venir ici, ce n’est pas pour me retrouver tout seul. » D’abord, il a choisi une colocation hors du centre-ville avec quatre personnes. Mais sa location excentrée lui a rapidement déplu. En juin, il voit l’annonce sur internet, une visite plus tard, il quitte son appartement et s’installe ici. Comme Aurélia et Guylaine, il est venu trouver une « grande famille » . Et quand on lui demande s’il pourra faire ses devoirs et réussir sa cinquième année d’étude malgré la foule de colocataires, il répond en haussant les épaules : « il suffit de s’isoler dans sa chambre » . Ici, chacun a son espace personnel et personnalisé. La chambre de Mathias est un musée de l'étrange, avec toute sorte de tableaux accrochés aux murs, de la Vierge Marie dans un style orthodoxe, à un portrait de cheval en gros plan.

Coloc 17 tout sonore

Une étape pour les jeunes travailleurs

La colocation, c’est aussi un passage en douceur entre les études et le premier emploi. Une façon de ne pas se plonger immédiatement et irrémédiablement dans l’âge adulte et de vivre sa jeunesse jusqu’au bout. Thomas est un jeune architecte avec un faible salaire, 830 euros par mois. Il juge que ce n’est pas assez pour bien vivre à Metz tout en ayant un studio. Florent lui est comptable. Il vient juste d’obtenir son premier CDI, et en même temps, pour des raisons personnelles, il a dû quitter son logement. Alors il a lui aussi posé ses valises place Saint-Louis.

Thomas et Florent ont le même âge que les autres locataires, entre vingt et vingt-huit ans . Ils écoutent la même musique, connaissent les mêmes émissions de télévision et s’amusent, comme les autres, à répéter en boucle des citations de films qu’ils aiment bien. Ils font tous partie de la même génération, même si eux perçoivent de grandes différences de personnalité entre les colocataires. « Ici, j’ai rencontré des personnes que je n’aurais jamais rencontrées en temps normal » , confie Florent. « Chacun a son univers » , complète Thomas.

Colocation 17 Metz cuisine - Radio France
Colocation 17 Metz cuisine © Radio France - Armêl Balogog

Comment ne pas s’étriper

« On s’entend tous très bien, mais c’est parce qu’on fait en sorte de s’entendre très bien. Le principe de cette colocation, c’est de régler les problèmes à la base, » explique Mathias. Pour vivre sereinement, les 17 colocataires se réunissent tous les lundis soir pour une « réunion de colocs » . En général, selon Thomas, « les réunions se passent bien et à la fin ça finit toujours par une bière ou un repas tous ensemble » .

L’organisation de la colocation est millimétrée  : un colocataire fait le ménage dans les parties communes (cuisine, salon, escaliers, couloirs) et une autre gère l’administratif (avenants au bail, assurance, etc.). Les deux sont indemnisés pour leur travail : le premier perçoit un salaire aux charges des autres locataires (dix euros par mois et par personne) ; la seconde voit son loyer réduit d’une centaine d’euros par le propriétaire. Chaque locataire a à sa charge son ménage personnel (chambre et vaisselle). Et ils organisent un roulement pour nettoyer les salles de bains et toilettes.

Un loyer plus accessible

Ce qui motive à vivre en colocation, c’est aussi le prix. Partagé, le loyer est réduit. Selon l’Unef, le principal syndicat étudiant, à Metz, les étudiants déboursent en moyenne 389 euros par mois pour se loger (charges comprises). Un prix qui augmente quand le logement est meublé. Dans cette colocation de la place Saint-Louis, en centre-ville de Metz, le loyer oscille entre 300 et 320 euros charges comprises (selon la taille de la chambre).

Selon le site location-etudiant.fr, sur les 1,4 millions d’étudiants français, environ 160.000 sont séduits par l’argument financier. Mais en terme de loyer, Metz reste l’une des villes les moins chères pour les étudiants, loin derrière Paris, les villes d’Île de France ou même Nice et Lyon.