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Insolite

Gironde : à Martillac, le muguet se cultive en famille depuis plus de 60 ans

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Par , France Bleu Gironde

A Martillac, au sud de Bordeaux, la famille Duprat-Miailhe fait pousser du muguet depuis les années 50. C'est l'une des huit exploitations de la commune et c'est par elle que tout a commencé. Quand l'oncle des actuels producteurs a découvert que les parisiens raffolaient du brin à clochettes.

A Martillac, chez les Duprat-Miailhe, le muguet se cultive dans la famille depuis plus de 60 ans.
A Martillac, chez les Duprat-Miailhe, le muguet se cultive dans la famille depuis plus de 60 ans. © Radio France - Fanny Ohier

Bordeaux, France

Route de La Salle, l'exploitation du même nom est tenue par deux frères, Duprat-Miailhe. Leur oncle avant eux, a été le premier à cultiver le muguet à Martillac, entraînant quelques voisins dans l'aventure. 

En 1950, Roger Duprat est maraîcher, il cultive tomates, pommes de terre et quelques pieds de muguet. Jusqu'à ce qu'une cliente parisienne, qui lui achète de plus en plus de fleurs, lui mette la puce à l'oreille : le commerce du muguet prospère. 

"Cette cliente dit à mon oncle ''venez aux halles à Paris vendre du muguet, vous allez voir, c'est rentable !'' ", raconte Julien, neveu de Roger Duprat. 

Roger développe son activité. Il crée même deux machines : une pour arracher le muguet, l'autre pour laver ses racines. "C'était une personne brillante," commente Julien. Pour le tri des brins par contre, ce sont les saisonniers qui s'en chargent. Marie a connu l'époque de l'oncle, où "tout était fait à la main". 

"Avant, on triait tout à la main. Tout [ce hangar] était plein de tables, nous on triait et les autres attachaient les brins de muguet"  — Marie, employée saisonnière, récolte le muguet depuis 30 ans.

Dans une exploitation voisine, chez les Mourisset, des employées trient un muguet plus délicat à l'ancienne, à la main.  - Radio France
Dans une exploitation voisine, chez les Mourisset, des employées trient un muguet plus délicat à l'ancienne, à la main. © Radio France - Fanny Ohier

Pas de trieuse, cette énorme machine qui trône désormais au centre du hangar. Par jour, 170 000 fleurs sortent en bouquets de son ventre. Julien et son frère ont produit près de 500 000 brins cette année, qu'ils ont ramassés et triés dans l'urgence en une semaine, pour être prêt au 1e mai. 

Plus de brins, moins de bras et les prix n'augmentent pas

L'engin permet de trier plus de brins et de payer moins de bras. Malgré tout, Julien a l'impression qu'elle nivelle les prix par le bas. Les prix lui semblent fixes depuis 40 ans alors que les charges de matériel augmentent. Résultat, les marges s'amenuisent et quand la récolte n'est pas bonne, il lui arrive même d'être perdant. Cette année, le brin est de qualité, une belle taille et nombreuses clochettes. Surtout, les fleurs ont éclot juste à temps pour les producteurs. Mais il y a deux ans, la récolte avait dû être précoce et les clochettes avaient dû être conservées au frais en attendant la date immuable du 1e mai. Une perte de fraîcheur et de chiffres d'affaires assurés. 

"Si on n'arrive pas à réévaluer le brin de muguet, ça va devenir compliqué pour les producteurs." — Julien Miailhe, producteur 

Pour cette raison, il a décidé avec son frère de diversifier leur production, comme leur oncle à l'époque, et de se lancer aussi dans la vigne.