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Ils font le tour de tous les bars "Chiquito" de France, et c'est très sérieux

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Par , France Bleu Nord, France Bleu
France

Le Chiquito, ce bar qu'on retrouve un peu partout en France est un morceau de patrimoine. Qui disparaît, à l'image de ces bistrots qui sont de moins en moins nombreux dans l'Hexagone. Deux amis se sont mis en tête de visiter tous les Chiquito. Ils sont passés par le Nord et le Pas-de-Calais.

Le Chiquito de Marquette-lez-Lille
Le Chiquito de Marquette-lez-Lille - Marc Horgues

C'est ça qu'ils sont venus chercher, qu'ils racontent désormais chaque jour sur Instagram. Boire "un petit demi" et acheter leurs cigarettes. Un jour, ils s'aperçoivent qu'il existe un autre Chiquito dans un autre arrondissement. Ils se demandent pourquoi.

On a vu qu'il y en avait beaucoup. De par l'histoire de la SEITA, la Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes qui sponsorisait les bars-tabac qui ouvraient s'ils appelaient leur établissement par le nom d'une marque de cigarettes ou de cigarillos - Marc, du Chiquitour

Une boite de cigarillos Chiquito
Une boite de cigarillos Chiquito - Marc Horgues

Ils s'aperçoivent qu'il en existe entre 120 et 140. Alors ils décident d'en faire le tour. Pour s'imprégner de ces "lieux de socialisation" comme ils les appellent.

Marc et Augustin racontent leur Chiquitour

"On arrive, on se met directement au zinc, on est là pour rencontrer les gens, les lieux et comprendre un peu les histoires", explique Marc. "On se fond dans l'ambiance et au bout d'un moment on demande au patron s'il sait depuis combien de temps son Chiquito existe et on lui raconte pourquoi on est là."

A ce moment, la discussion s'engage, curieuse des deux côtés. Patrons, serveurs, clients s'intéressent à ces deux voyageurs peu communs, et inversement. "Il y a vraiment cette question, 'est-ce qu'ils sont sérieux ? Est-ce qu'ils sont bêtes'", raconte Augustin.

Mais ils sont bien sérieux ! Leur démarche relève presque d'un documentaire sur la France des bistrots. Ceux qui ferment. Il y en avait 600.000 en 1960. Ils sont désormais moins de 35.000 selon le baromètre France boissons/CREDOC.

Et le Chiquito en est le symbole. Désormais, les lois contre le tabagisme interdisent d'appeler un nouvel établissement "Chiquito". Donc le nombre de Chiquito ne cesse de diminuer.

La carte, réalisée par Marc et Augustin, des Chiquito de France
La carte, réalisée par Marc et Augustin, des Chiquito de France - Marc Horgues

Sur leur route, ils en ont croisé des Chiquito fermés. Une fois, on leur a même proposé d'en reprendre un. Mais il leur en reste pas mal à visiter encore.

Un Chiquito à vendre, à Lille
Un Chiquito à vendre, à Lille - Marc Horgues

Marc et Augustin sont venus dans le Nord et le Pas-de-Calais entre les deux confinements. Désormais, ils publient, chaque jour, une photo d'un Chiquito sur le réseau social Instagram, en racontant leur visite. Comme pour raconter la vie de ces "espaces de socialisation" comme ils les décrivent.

"C'est vraiment des endroits qui restent des lieux assez rares de socialisation et on sent qu'il y a besoin de ça, surtout en ce moment, insiste Marc. "On a l'exemple de Desvres, où Michel nous racontait qu'il y avait 82 établissements il y a 30 ans et que maintenant ils n'étaient plus que quatre ou cinq bars."

Et les deux passionnés de ces bistrots qui sont bien plus que des débits de boisson décrivent l'ambiance qu'ils retrouvent dans chaque Chiquito : "Il y a vraiment une authenticité qui ressort de ces lieux. Je me souviens avec émotion du patron du Chiquito de Valenciennes, sourit Augustin. C'est un one-man show le gars, il est génial. En fait, le Chiquito de Valenciennes, c'est son patron, c'est sa personnalité, ses vannes en rentrant, son accent du Nord."

C'est ça qu'ils sont venus chercher, qu'ils racontent désormais chaque jour sur Instagram. "On s'était dit qu'on voulait garder une trace", explique Augustin. "Mais l'idée derrière c'est peut-être d'en faire un livre, ou une expo photo. On aime juste raconter cette histoire-là et montrer les lieux." Ces lieux qui depuis plusieurs mois gardent leur rideau baissé, à cause de l'épidémie de Covid-19. Et que Marc et Augustin ne sont pas les seuls à espérer voir rouvrir très vite.

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