Insolite

Indre : une chasse à l'arc dans la réserve de Chérine

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry lundi 12 décembre 2016 à 18:10

L'association des chasseurs à l'arc intervient sur la réserve de Chérine depuis une douzaine d'années
L'association des chasseurs à l'arc intervient sur la réserve de Chérine depuis une douzaine d'années © Radio France - Gaelle Fontenit

Chaque année, la réserve de Chérine, dans le Parc Naturel Régional de la Brenne, fait appel aux archers pour effaroucher les sangliers. Deux battues ont ainsi été organisées depuis le début de la saison.

Petit matin frileux et humide au cœur de la Brenne. Dans l'une des pâtures de la réserve de Chérine, un groupe de treize archers se met en place en silence. Comme chaque année depuis douze ans, l'Association départementale des chasseurs à l'arc Berry Brenne (ACCAB 36) intervient à la demande de la réserve.

"Nous faisons appel à eux pour des battues d'effarouchement. L'objectif est de faire sortir les sangliers de la réserve, précise Julien Veque, garde conservateur à Chérine. Si on laisse les animaux proliférer, en particulier les sangliers, ce n'est pas supportable. Cela met en péril la biodiversité et ça provoque des dégâts chez les agriculteurs voisins".

Une intervention silencieuse

Les chiens sont lâchés, excités par le piqueur. Les archers attendent sur les lieux de passage les plus fréquentés des sangliers. Lorsque la bête passera, ils n'auront que quelques secondes pour décocher une flèche. "C'est ce que l'on appelle le tir instinctif, explique Jean-Patrick Ordonneau, président de l'ACABB 36. Lorsqu'un animal est atteint, il met entre 10 et 100 mètres à tomber. Nous visons les organes vitaux : cœur, poumons et foie. Nos arcs ne sont pas comparables à ceux du tir sur cible. Ils tirent loin, nous tirons très près, jamais plus de 15 mètres".

La réserve de Cherine fait appel depuis 12 ans aux archers - Radio France
La réserve de Cherine fait appel depuis 12 ans aux archers © Radio France - Gaëlle Fontenit

Cette approche est évidemment complètement différente de celle des chasseurs classiques. "Cela nécessite de bien se placer. Nous allons vraiment au contact. Il y a plus de respect, les occasions sont plus rares. Il m'est même arrivé de réussir une approche et de ne pas tirer, parce que le but c'était davantage de réussir à piéger l'animal sur son territoire" se souvient Jean-Patrick Ordonneau.

Depuis le début de la saison, il y a eu deux battues de ce type au sein de la réserve de Chérine. Elles ont permis de chasser une vingtaine de sangliers du site. Aucun n'a été tué.