Insolite

"J'ai découvert que l'on peut réaliser ses rêves", l'Isérois Olivier Peyre a fait un tour du monde sans moteur

Par Julien Morin, France Bleu Isère mardi 14 novembre 2017 à 6:09

Olivier Peyre et son vélo utilisé pour faire ce tour du monde
Olivier Peyre et son vélo utilisé pour faire ce tour du monde - Enrouteavecaile.com

En sept ans, Olivier Peyre a parcouru 105.000 kilomètres à travers 45 pays. Le tout, sans moteur : à l'aide d'un seul vélo, d'une voile de parapente et en pratiquant le "voilier-stop" pour traverser mers et océans. Il raconte son voyage dans un livre publié aux éditions du Chemin des Crêtes.

Après sept ans de voyage, on doit en avoir des choses à raconter ?

Olivier Peyre : (Rires). Le mien a duré 2723 jours, donc oui, il y a un million d'anecdotes. Mon plus beau moment ? Ici et maintenant. Il faut toujours se consacrer sur le moment présent. J'étais heureux chaque matin quand je me levais. Après il y a quelques fleurs qui me restent en mémoire comme les Îles Marquises, la Bolivie etc.

La couverture de l'ouvrage d'Olivier Peyre - Aucun(e)
La couverture de l'ouvrage d'Olivier Peyre -

La spécificité de ce tour du monde, c'est que vous l'avez fait sans moteur, c'est à dire sans voiture, sans moto, sans avion...

OP : Oui c'était une forme d'esthétisme à laquelle je me suis accroché dès le départ. Le seul problème c'était la traversée des océans car le vélo coule un peu beaucoup (sic). La solution je l'ai trouvé grâce au "voilier-stop"... c'est comme de l'auto-stop, mais en voilier.

Pourtant il y a eu quelques accrocs !

OP : Oui, l'idée c'était d'être zéro moteur, après c'est un rêve, c'est un objectif, mais le rêve se confronte à la réalité. Par exemple j'ai du traverser le canal de Gibraltar en ferry pour pouvoir arriver à temps aux Canaries et attraper un voilier. Il y a tout de même eu un gros accroc lié au voilier-stop. Dans un voilier il y a un moteur, et sur le voilier il y a au capitaine, et je ne pouvais pas imposer au capitaine de ne pas mettre son moteur pour quitter le port par exemple. En tout il y a eu 10.000 kilomètres de la distance faîtes en voilier réalisée au moteur.

"J'ai voulu accomplir ce rêve (de tour du monde) en fonction de la réalité environnementale" - Olivier Peyre

Il y a une part de revendication dans ce voyage sans moteur ?

OP : Oui, on a le droit de rêver et d'accomplir ses rêves, c'est le message. Ça a été quelque chose de très fort en moi de découvrir qu'on peut réaliser ses rêves alors qu'on est personne. Si j'ai réussi à faire ce tour du monde sans moteur c'est que tout le monde peut réaliser ses rêves, il suffit de se lancer.

Une démarche politique aussi ?

OP : Oui, je suis un enfant de la fin du XXe siècle qui a appris la réalité du monde en terme environnementale. Du coup, j'ai voulu accomplir ce rêve en fonction de cette réalité et ne laisser aucune trace carbone derrière moi.

Ce rêve est pleinement accompli ?

Oui, il est même doublement accompli. J'en avais un caché derrière le premier. Ce deuxième rêve je l'ai construit chaque soir dans ma tente : j'écrivais les réalisations de la journée. J'ai compilé mes 33 carnets manuscrits dans un livre. Ce matin (mercredi 15 novembre) il y a ce deuxième rêve qui accomplit, je suis aux anges d'avoir réussi ça.

"En route avec aile", 383 pages, 3 cahiers photos aux éditions du Chemin des Crêtes. 19,90 euros. Sortie le 15 novembre 2017. A retrouver en librairie et sur les sites www.chemindescretes.fr et www.enrouteavecaile.com.