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Le diocèse du Mans teste la quête par prélèvement automatique

Par Julie Le Duff, France Bleu Maine et France Bleu dimanche 30 octobre 2016 à 5:15

Le père Christian du Halgouët, curé des paroisses de la rive droite du Mans, teste la quête prélevée avec ses fidèles depuis le 1er septembre
Le père Christian du Halgouët, curé des paroisses de la rive droite du Mans, teste la quête prélevée avec ses fidèles depuis le 1er septembre © Radio France - Julie Le Duff

Depuis le 1er septembre, les fidèles de certaines paroisses sarthoises peuvent verser leur obole par prélèvement automatique. La symbolique est conservée grâce à des jetons remis à chaque famille.

Plus besoin de fouiller ses poches pendant la messe à la recherche de petite monnaie ! La quête prélevée, déjà en place dans le Var depuis plusieurs années, est désormais testée dans plusieurs paroisses de la Sarthe. C'est le cas notamment à Loué, La Ferté, Sablé et dans les cinq paroisses de la rive droite du Mans, dont s'occupe le père Christian du Halgouët : "Les familles qui le souhaitent s'inscrivent auprès de l’Évêché pour un prélèvement bancaire mensuel ; ce sont elles qui définissent le montant qu'elles veulent donner". Et ça fonctionne bien : les diocèses qui ont démarré constatent un don moyen deux fois supérieur à la quête ordinaire. Au Mans, une cinquantaine de paroissiens sont déjà inscrits.

Des jetons en plastique sont fournis par le Diocèse du Mans pour chaque adhérent à la quête par prélèvement automatique - Radio France
Des jetons en plastique sont fournis par le Diocèse du Mans pour chaque adhérent à la quête par prélèvement automatique © Radio France - Julie Le Duff

En échange, les fidèles reçoivent un petit sac avec de petits jetons vert fluo qu'ils pourront placer dans la corbeille au moment de la quête. "On donne un jeton par dimanche et par membre de la famille", précise Christian du Halgouët. "Quand le stock est épuisé, on leur en redonne".

Garder la symbolique du geste

Le jeton en lui-même n'a pas de valeur, mais il permet de s'associer symboliquement aux autres fidèles par le geste. "Ce qui compte, c'est la notion de don", analyse Christian du Halgouët. "On le voit avec nos fidèles originaires d'Afrique, qui apportent aussi des fruits et des légumes à la quête. C'est un moyen de dire : 'voilà ma contribution à la vie de la paroisse'. Tout ce qui est donné à la quête sert à couvrir nos frais de fonctionnement, ce n'est pas la même chose que le Denier de l’Église, qui finance la rémunération des prêtres et des laïcs travaillant pour l’Évêché (et pour lequel le Diocèse de la Sarthe a instauré la possibilité de donner en ligne, NDLR)". Même si quelques rares fidèles ne jouent pas le jeu : "Parfois, des gens mettent des boutons de culotte ou des jetons de caddie. On a aussi tout un stock de monnaie étrangère, dont les gens se débarrassent au retour des vacances".

Des cathos 2.0

Avantage non négligeable du prélèvement automatique, mis en avant dans la plaquette de présentation du dispositif : la traçabilité du don permet de bénéficier d'une déduction fiscale (66% du montant du don, dans la limite de 20% du revenu imposable). Mais c'est aussi le signe d'une Église qui vit avec son temps, selon Christian du Halgouët. "C'est plus pratique, et c'est aussi en adéquation avec l'évolution de notre société : on peut aller acheter son pain avec sa carte bleue, il y a une dématérialisation de l'argent". A Paris, huit paroisses testent une application qui permet de donner pendant la quête via son smartphone. L’Église travaille aussi sur le paiement sans contact, avec des troncs connectés.

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