Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Insolite

À 77 ans, il passe le baccalauréat et commence par... une épreuve de badminton

-
Par , France Bleu Auxerre, France Bleu

Ce mardi 30 avril, ils étaient de nombreux candidats à entamer leurs épreuves d'EPS dans l'académie de Dijon. Parmi eux, le doyen du baccalauréat en Bourgogne-Franche-Comté, Michel Barda, un habitant de l'Yonne de 77 ans. Avec du badminton pour commencer !

 Michel Barda, retraité de 77 ans et habitant de Crain dans l'Yonne, est le doyen régional des candidats du baccalauréat cette année. Et c'est par du badminton qu'il a débuté le bac 2019.
Michel Barda, retraité de 77 ans et habitant de Crain dans l'Yonne, est le doyen régional des candidats du baccalauréat cette année. Et c'est par du badminton qu'il a débuté le bac 2019. © Radio France - Nicolas Fillon

Auxerre, France

Passer le baccalauréat à 77 ans, c'est possible ! C'est ce qu'est en train de réaliser Michel Barda, retraité et doyen des candidats en auditeur libre en Bourgogne-Franche-Comté.

Désormais écrivain, auteur de nouvelles et de pièces de théâtre, mais également président de l'association des bibliothèques rurales, il est installé dans l'Yonne. Et mardi 30 avril, il a passé sa première épreuve du bac L à Auxerre, au collège Denfert-Rochereau. Une épreuve de sport...

Mais le président du club de golf du château de Misery à Crain - où il habite -, grand pratiquant, ne s'est pas s'adonné à son sport favori, puisqu'il a débuté par du badminton ! Forcément, un candidat pas comme les autres.

"On ne va pas parler de stress, mais il y a une petite tension"(Michel Barda, doyen des candidats au bac en Bourgogne-Franche-Comté)

Mais un candidat d'abord en avance. Très en avance. Arrivé à 8h pile du matin devant les grilles du collège auxerrois, soit plus d'une heure avant le début de l'épreuve. "On ne va pas parler de stress, mais il y a une petite tension, quand même, souffle Michel Barda, venu avec son petit sac de sport contenant chaussures de salle, raquette de badminton et volants. Hier, je suis allé m'entraîner avec le Stade Auxerrois et ce n'était pas terrible ! Et puis, je me suis levé peu avant 6h, pour prendre mon petit-déjeuner tôt de manière à être en digestion avancée quand débutera l'épreuve, programmée vers 9h."

L'ancien décathlonien, à la belle carrière de sportif avec ses plus d'1,80 m, ne laisse rien au hasard. Même s'il semble bien affûté pour son âge, il reconnaît volontiers compter plutôt sur les matières littéraires pour réussir son bac L. "Mon objectif, c'est de bien réussir les épreuves purement littéraires, explique-t-il. C'est-à-dire le français, la philosophie et le théâtre, qui est une de mes options."

Pour son âge, Michel Barda s'est bien défendu en badminton pour la première épreuve du bac L qu'il passait, ce mardi 30 avril au gymanse du collège Denfert-Rochereau. Le geste est là. - Radio France
Pour son âge, Michel Barda s'est bien défendu en badminton pour la première épreuve du bac L qu'il passait, ce mardi 30 avril au gymanse du collège Denfert-Rochereau. Le geste est là. © Radio France - Nicolas Fillon

Mais pourquoi, à 77 ans, vouloir à tout prix décrocher son baccalauréat ? "Quand on me demande ce que je fais, je dis que je suis écrivain, et passer ce bac L, c'est une façon pour moi d'affronter une certaine réalité académique, résume Michel Barda. J'ai écrit plus d'une centaine de nouvelles et pièces de théâtre, et cet examen me permet de me mesurer aux valeurs d'aujourd'hui. Après, ce sont les correcteurs qui jugeront..."

Badminton au natation sauvetage au programme

Mais avant de parler littérature, place au sport, avec cette première épreuve de badminton. Fan de golf, qu'il pratique depuis des années, il s'attend à souffrir, raquette et volant en main. "C'est vrai que ça me fait drôle de voir que je vais me retrouver avec des plus jeunes, sourit-il. On m'a dit qu'on allait me mettre avec des personnes de même niveau. Mais le problème, c'est que j'ai pas vraiment eu le choix pour le badminton. C'était soit ça, soit gymnastique au sol ou 500 mètres. Je vais donc me retrouver avec des candidats qui ont pratiqué du bad' toute l'année, alors que je m'y suis mis il y a moins de deux mois."

Et surtout beaucoup de jeunes ! "Je pense que beaucoup ont l'âge de mes petits-enfants, si j'en avais, plaisante l'Icaunais. Mais j'ai des petits-neveux qui sont quand même plus âgés que la plupart des candidats... Ils seront avantagés, car le badminton, c'est un sport qui fait battre le cœur !"

Le challenge ne s'annonce donc pas des plus simples. "Surtout si mes adversaires trouvent le moyen de me faire faire l'essuie-glace comme au tennis, en m'envoyant à droite, et à gauche, c'est vrai que ça ne va pas trop m'amuser", craint le retraité, qui doit se préserver pour son épreuve de natation sauvetage l'après-midi, avec des longueurs à parcourir, des obstacles à franchir en apnée et un mannequin de 80 kg à trimbaler la tête hors de l'eau sur plusieurs mètres. Tout un programme...

Un peu de fatigue dès l'échauffement

Mais avant de barboter dans l'eau, direction le gymnase du collège Denfert-Rochereau pour Michel Barda, pour un petit entraînement histoire de se mettre en jambes. Quand le septuagénaire se pointe à l'intérieur de l'enceinte, le professeur d'EPS référent, en train d'installer les filets, esquisse un sourire, avant de lui demander sa convocation. Et quand il lui dit son âge, l'enseignant se montre admiratif. "C'est la première fois que je vois ça", nous murmure-t-il.

Dès les premiers volants échangés avec ses jeunes partenaires aussi surpris qu'avenants, Michel Barda fait montre de sa dextérité. Mais il est tout aussi capable de réaliser de superbes gestes comme certains smashes aperçus, que de "rater des coups faciles" comme il le dit lui-même. La fatigue se fait vite sentir. "Et on n'est qu'à l'échauffement", souffle le septuagénaire, qui transpire un peu.

Michel Barda a pris des cours de badminton avec le Stade Auxerrois pour se préparer à l'épreuve du bac. Les déplacements ne sont pas évidents mais le septuagénaire a de la ressource. - Radio France
Michel Barda a pris des cours de badminton avec le Stade Auxerrois pour se préparer à l'épreuve du bac. Les déplacements ne sont pas évidents mais le septuagénaire a de la ressource. © Radio France - Nicolas Fillon

Tom, 18 ans, qui passe lui aussi son épreuve de sport mais en CAP couvreur, a pu s'échauffer avec Michel Barda. Et il est impressionné : "Franchement, ça m'a plu de jouer avec lui. Il sait bien smasher, bouge pas mal... Il joue bien pour quelqu'un de 77 ans ! Il est à fond, et c'est rare de voir des personnes de cet âge-là. Bravo et chapeau à lui !"

"Globalement, il y a sûrement eu plus de choses ratées"(Michel Barda, doyen des candidats au bac en Bourgogne-Franche-Comté)

Place ensuite à l'épreuve, la vraie, avec notation des professeurs d'EPS. Tout est scruté : analyse de la tenue de la raquette, des déplacements, de la variété des coups, de la connaissance des règles... En petit nombre, les candidats sont répartis en deux groupes de quatre. Michel Barda aura donc trois matches pour se faire remarquer... 

Mais au final, le bilan est plutôt mitigé : trois matches joués, trois matches perdus. "Avec parfois de gros écarts, et une bonne petite fatigue, résume Michel Barda. Il y a certainement toute une technique que je n'ai pas su maîtriser et que je n'ai pu acquérir en un mois et demi. Je ne me plaçais pas très bien, je n'ai pas pu rattraper plusieurs balles jouables. De temps en temps, j'ai réussi des trucs biens. Mais globalement, il y a sûrement eu plus de choses ratées, y compris au service, ce qui est un peu bête. Mais tant pis, c'est comme ça !"

Ceci dit, commencer par des épreuves sportives, "c'est pas mal non plus", selon Michel Barda. "Que ça réussisse ou pas, c'est fait ! Après ça, j'aurais un mois pour préparer des épreuves plus importantes à mes yeux par rapport à mon objectif." C'est tout le mal qu'on lui souhaite.