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Insolite

Le nouveau chef des pompiers de Brécey a un doctorat de mathématiques

vendredi 5 octobre 2018 à 14:31 Par Marc Bertrand, France Bleu Cotentin

Le nouveau chef des pompiers de Brécey et Saint-Pois, dans le Sud-Manche, vient de terminer une thèse de mathématiques à l'université de Caen. Professeur de maths en lycée, il allie ainsi ses deux passions. Un exemple alors que partout en France, on recherche des pompiers volontaires.

Hugues Bauchère, le nouveau chef du centre de secours de Brécey-Saint-Pois dans le Sud-Manche.
Hugues Bauchère, le nouveau chef du centre de secours de Brécey-Saint-Pois dans le Sud-Manche. © Radio France - Marc Bertrand

Brécey, France

Son sujet de thèse ? "La minoration de la hauteur canonique sur les modules de Drinfeld", répond tranquillement Hugues Bauchère. Tenue de sapeur pompier sur le dos, il est arrivé de bonne heure au centre de secours de Brécey, "pour faire toute la paperasse administrative". La particularité du nouveau chef des pompier de la caserne de Brécey et Saint-Pois, c'est d'avoir fait neuf ans d'études. Et en maths, qui plus est. 

Petit, j'avais envie de faire des maths, et d'être pompier. Je pense que pour l'instant, j'ai pas mal réussi"

Père de famille, ancien pompier volontaire pendant sa prime jeunesse, il a fait sa thèse de mathématiques à l'université de Caen. Il arrête alors le service, à l'âge de 25 ans : "A un moment, je ne pouvais plus concilier la recherche avec la caserne. La thèse, ça vous réveille la nuit, on y pense 24 heures sur 24".

Prof de maths le jour, sapeur pompier la nuit

Mais "avoir un poste de maître de conférences en mathématiques à l'université, c'est compliqué. Les places sont chères". Et comme il est déjà papa, le jeune homme ne veut pas quitter la Normandie où sa compagne travaille pour faire un "post-doc" à l'étranger. Il devient donc professeur de maths en lycée, à Vire, dans le Calvados.

Cette année, je n'ai pas dit à mes élèves que je suis pompier. Ils posent trop de question, on n'arrive plus à suivre le programme"

"Je fais 9h-18h au lycée, et le temps de rentrer chez moi, je prend la permanence pour la nuit", explique Hugues Bauchère. "Il m'arrive aussi de devoir prendre des appels du CODIS [le centre opérationnel d'incendie et de secours] pendant la classe, sur une grosse intervention". 

Manque de jeunes chez les pompiers

Le jeune homme le reconnaît, concilier famille, lycée, et caserne relève parfois du sacerdoce. D'ailleurs, les jeunes ne sont pas légion dans cette caserne rurale : "Comme dans beaucoup de centres de secours, les effectifs sont parfois en baisse, et surtout un peu vieillissants. Beaucoup de jeunes s'engagent en tant qu'étudiant et abandonne deux-trois ans après faute de temps"

Lui a fait le choix inverse. Et plus tard ? "Si j'avais eu 48 heures ou 72 heures dans une journée, j'aimerais bien me remettre à la recherche. Mais pour l'instant, ça ne me manque pas. Peut-être que plus tard j'y reviendrai"