Insolite

PHOTOS - Beaumont-sur-Lèze, le seul cimetière animalier de la région toulousaine

Par Bénédicte Dupont et France Bleu, France Bleu Toulouse et France Bleu lundi 31 octobre 2016 à 3:20 Mis à jour le lundi 31 octobre 2016 à 7:46

Cette tombe-ci a été achetée par une Andorrane, depuis décédée.
Cette tombe-ci a été achetée par une Andorrane, depuis décédée. © Radio France - Bénédicte Dupont

C'est le seul cimetière pour animaux de l'ancienne région Midi-Pyrénées : à Beaumont-sur-Lèze, à 35 kilomètres au sud de Toulouse. L'association Maurice Massonnier s'en occupe depuis bientôt cinquante ans. Il abrite environ 450 tombes de chiens, chats et quelques autres espèces.

Savez vous ce que dit la loi quand votre animal domestique meurt ? En France tout n’est pas permis, c’est le code rural qui définit ces règles à respecter : l’incinération souvent gérée par le vétérinaire, l’enterrement chez soi sous des conditions drastiques (un animal de moins de 40 kilos, l'enterrer sous de la chaux et surtout à plus de 35 mètres des habitations et d'un point d'eau) , ou alors dans un cimetière animalier. Mais pour cette dernière solution, les propriétaires toulousains n'ont pas vraiment l'embarras du choix. Sur les huit départements de l'ancienne Midi-Pyrénées, il n'existe que le cimetière animalier de Beaumont-sur-Lèze, gérée par une association.

Michel Caboche le président de l'association y a enterré ses cinq chiens. - Radio France
Michel Caboche le président de l'association y a enterré ses cinq chiens. © Radio France - Bénédicte Dupont

►►► Le reportage au cimetière de Beaumont, Bénédicte Dupont

EN UN CLIC - Reportage au cimetière animalier de Beaumont-sur-Lèze (Haute-Garonne)

Quand Stitou est mort, le vétérinaire a proposé l'incinération, il en était hors de question. Cela nous coûte de l'argent, 150 euros environ l’enterrement et 60 euros par an, mais pour lui, j'aurais vendu ma maison si ça pouvait le sauver — Marie-Josette a perdu son chat il y a un mois

Tina la chèvre naine, Koucourou la tourterelle, Snoopy le chien juif, Tyson le musulman

Le cimetière célébrera ses cinquante ans en 2018 et compte aujourd'hui 350 adhérents, c'est-à-dire 350 propriétaires qui paient chaque année une cotisation de 60 euros pour la sépulture de leur animal. Le cercueil, obligatoire et fabriqué par le salarié de l'association, coûte entre 50 et 120 euros auxquels il faut ajouter les 90 euros d'inhumation. Les plus fortunés peuvent choisir un caveau pour 300 à 600 euros selon la taille.

Certains demandent à ce qu'apparaisse l'appartenance religieuse du propriétaire.. et donc du chien. - Radio France
Certains demandent à ce qu'apparaisse l'appartenance religieuse du propriétaire.. et donc du chien. © Radio France - Bénédicte Dupont

Le cimetière comptabilise entre 60 et 70 enterrements par an, des chats et des chiens pour l'immense majorité mais il y a aussi des canaris, des tourterelles, et un couple petits boucs, Tin et Victor. Le terrain de 7.000 mètres carrés appartient désormais à la mairie qui fait payer un loyer (160 euros mensuels) à l'association Michel-Massonnier, du nom de ce laborantin toulousain, passionné d'animaux et ancien propriétaire de ce terrain.

Chacun décore sa sépulture comme il l'entend : beaucoup de fleurs, des plaques funéraires, voire même des bibelots en porcelaines ou des moulins. Il n'existe pas de réglement vis-à-vis de la religion. Les propriétaires sont libres d'adosser des signes, tels une croix de David ou une croix chrétienne.

Nous avons aussi des adhérents musulmans. Certains demandent que leur animal soit enterré avec la tête tourné vers un côté, le soleil ou la Mecque je ne sais plus — Michel Caboche

Michel Caboche nous raconte l'histoire de ce cimetière

Certaines tombes sont entretenues avec beaucoup de soin. - Radio France
Certaines tombes sont entretenues avec beaucoup de soin. © Radio France - Bénédicte Dupont

Plus rares, les sépultures d'oiseaux. Ici des canaris et des tourterelles. - Radio France
Plus rares, les sépultures d'oiseaux. Ici des canaris et des tourterelles. © Radio France - Bénédicte Dupont

Un projet de cimetière animalier à Toulouse

C'est en discussion, la métropole toulousaine cherche à créer son propre cimetière pour animaux. L'élue en charge du dossier, Françoise Roncato, est même venue à Beaumont avec le service santé et hygiène pour s'inspirer de l'initiative locale. Mais aucun lieu n'a pour le moment été trouvé, le projet est à peine dans les cartons.

Il y a 70.000 chiens à Toulouse. Il faut de la place. Et voir à qui est confiée la gestion : à Cadaujac en Gironde, c'est 350 euros rien que l'enterrement pleine-terre, vous rajoutez 250 euros pour le cercueil et 90 euros d'adhésion — Michel Caboche

Les voisins languedociens sont mieux lotis. Il existe deux cimetières animalier à une heure et demi de route de Toulouse, dans l'Aude voisine, un à Narbonne et un St Nazaire d'Aude. L'Hérault en compte un, les Pyrénées-Orientales aussi, le Gard dispose de trois endroits où reposent nos amies les bêtes.

Ces sépultures-là, spécialement engazonnées, ont été commandées par des Anglais. - Radio France
Ces sépultures-là, spécialement engazonnées, ont été commandées par des Anglais. © Radio France - Bénédicte Dupont

L'annuaire des cimetières animaliers de France

Partager sur :