Insolite

Ardèche : les habitants des Fonts-du-Pouzin font freiner les automobilistes

Par Alexandre Berthaud, France Bleu Drôme-Ardèche jeudi 10 novembre 2016 à 14:53

Les Fonts du Pouzin, hameau traversé par la départementale D104, très fréquentée.
Les Fonts du Pouzin, hameau traversé par la départementale D104, très fréquentée. © Radio France

Les habitants du hameau des Fonts-du-Pouzin (commune de Rompon, Ardèche) ont bloqué la circulation pendant 45 minutes ce jeudi matin. Leur objectif : sensibiliser les automobilistes à la vitesse. Elle est limitée à 30km/h mais en moyenne les voitures passent à 58 km/h.

"Ralentissez ! Personne n'est à vos trousses", "Encore 32 enfants en vie, accélérez !" peut-on lire sur des pancartes à l'humour grinçant, lors de la traversée du hameau des Fonts-du-Pouzin. Mais les habitants n'ont pas vraiment le sourire. Voilà plusieurs mois qu'ils réclament des actions aux autorités pour limiter la vitesse dans la traversée du hameau, sur la départementale D104 entre Le Pouzin et Privas. La mairie a fait des études : 58 kilomètres par heure en moyenne, c'est la vitesse de passage alors que la limitation est fixée à 30 kilomètres par heure.

Un danger permanent pour les enfants

Les différentes affiches n'ont pas suffi et les voitures passent toujours aussi vite. D'où la distribution de tracts jeudi matin par certains habitants dont Jean-Claude. "J'habite la grande maison au coin de la rue, elle est éraflée sans arrêt par les camions. Ils ont même arraché un volet il y a quelques années", explique-t-il. "Les gens vont trop vite et les trottoirs sont très étroits".

Les habitants de la commune se mobilisent, trottoirs étroits et haute vitesse ne font pas bon ménage. - Radio France
Les habitants de la commune se mobilisent, trottoirs étroits et haute vitesse ne font pas bon ménage. © Radio France

Pascal, autre habitant du hameau depuis quelques années, ajoute : "On ne peut pas laisser nos enfants aller à l'école seuls et les trottoirs sont tellement étroits qu'on n'a pas la place pour se tenir la main". "On doit tout le temps les rappeler à l'ordre et rester vigilants" ajoute Florence, sa femme. Tous s'accordent à dire qu'à la vitesse où passent les voitures, l'accident pourrait arriver facilement.

Les habitants du village, en colère

Entre dix mille et douze mille véhicules par jour

Car le hameau s'est fortement peuplé ces dernières années. "Les gens sont toujours passés vite au hameau", explique Yann Vivat, le maire de la commune. Yann Vivat, 27 ans, est né à Rompon. "Mais depuis plusieurs années il y a plus de voitures, entre dix et douze mille par jour, et plus d'habitants notamment des familles avec enfants". Parmi les 130 habitants du hameau, on compte 32 enfants qui vont à l'école du hameau à deux pas de la route. Les habitants se sont donc emparés de l'affaire de la vitesse il y a six mois, en alertant les autorités.

Yann Vivat, le maire de Rompon, commune mère des Fonts du Pouzin.

Mais la situation est compliquée. "La voirie est départementale mais la mairie est concernée par les abords et l'État aussi car c'est une voie de grande circulation", explique le maire. L'action des habitants, de bloquer la route et distribuer les tracts, pèsera peut-être la semaine prochaine. Une réunion entre les acteurs est prévue pour discuter du réaménagement de la route. La mairie a déjà bloqué des fonds pour les travaux, les habitants eux ont des revendications claires : "que les gens respectent la vitesse. Que ce soit avec un feu de circulation ou un radar, peu importe, tant qu'ils roulent à 30".

Du Pouzin à l'entrée des Fonts du Pouzin il fallait 15 minutes pour parcourir deux kilomètres jeudi matin. - Radio France
Du Pouzin à l'entrée des Fonts du Pouzin il fallait 15 minutes pour parcourir deux kilomètres jeudi matin. © Radio France

Le message a été entendu en grande partie par les automobilistes arrêtés ce jeudi matin. Certains, malgré tout, ont refusé d'ouvrir leur fenêtre, peut-être agacés par les 15 minutes d'embouteillages inhabituels qu'ils ont du subir en venant du Pouzin. D'autres plus radicaux ont carrément appelé le 17 et la gendarmerie. "Mais la majorité des automobilistes étaient réceptifs", assure l'un des habitants.